Finances publiques: 24 actions pour renforcer la confiance des citoyens
Pour moderniser la gestion des finances publiques, 4 axes et 24 actions constituent la stratégie algérienne de transparence budgétaire.
À travers la stratégie de transparence et de redevabilité budgétaire, réalisée conjointement avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en partenariat et l’Union européenne, le ministère des Finances vise à améliorer sa gouvernance publique. C’est ce qui ressort du séminaire de restitution de la stratégie de transparence et redevabilité budgétaire organisé lundi à Alger et au cours duquel les grands axes ont été dévoilés. Selon les intervenants, cette stratégie, qui en tient compte de l’égalité des femmes et des hommes, ne représente pas seulement un programme technique d’amélioration des pratiques budgétaires.
Renforcement de la transparence budgétaire
Plutôt c’est un choix structurant en faveur d’une gouvernance publique plus responsable, plus efficace et plus transparente. Reposant sur 4 axes et 24 actions, cette stratégie algérienne a pour objectif principale de renforcer la crédibilité budgétaire ainsi que la confiance entre l’État et les citoyens et d’instaurer une meilleure maitrise des risques.
Le premier axe a trait au renforcement de la transparence budgétaire, le 2e à la participation du public au processus budgétaire alors que le troisième s’articule autour du renforcement de la redevabilité budgétaire et enfin le dernier porte sur la gouvernance, coordination et suivi-évaluation. Pour ce qui est des actions à entreprendre, la stratégie prévoit, entre autres, des opérations en matière de publications, accès à l’information et atténuation des risques budgétaires, contrôle parlementaire… etc.
À l’ouverture de ce séminaire, qui faut-il le préciser est une des étapes du projet d’appui technique financé par l’Union Européenne dans le cadre du programme d’appui à la gestion des finances publiques et à la mobilisation des ressources intérieurs en Algérie (PagFal) s’étalant sur la période juin 2024- novembre 2026, le directeur des budgets, Redha Loukal , le directeur général des budgets auprès du département de Abdelkrim Bouzred a mis en avant l’importance de cette stratégie laquelle s’inscrit dans le cadre des réformes engagées pour l’amélioration du système de gestion des finances publiques portée par la loi organique 18 /15 relative aux lois de finances axé sur les résultats.
Se conformer aux meilleures pratiques à l’international en matière de gestion des finances publiques est l’objectif assigné à cette démarche, et ce, afin de garantir la discipline budgétaire, l’allocation efficace des ressources et l’amélioration de l’efficacité des services fournis par l’État. «Elle introduit une nouvelle approche de la gestion budgétaire fondée sur la performance, sur la responsabilisation des gestionnaires publics et une meilleure information des décideurs et aussi des organes de contrôle et des citoyens», explique-t-il précisant que le programme PagFal représente «un jalon majeur dans notre ambition de consolider durablement le système de gestion des finances publiques».
Se conformer aux pratiques internationales
En présence du chef de la coopération de l’Union Européenne en Algérie, de la représentante du PNUD , des directeurs généraux du ministère des Finances, et des différentes institutions publiques, Loukal indique que «cette évolution nécessite l’adaptation de nos pratiques, de nos outils, et de nos modes de communication afin de garantir une plus grande lisibilité des politiques publiques et de l’utilisation des ressources publiques».
Il poursuivra en soulignant que ce projet vise à renforcer les capacités à développer des outils de transparence et de la redevabilité de la gestion des finances publiques en intégrant la dimension relative à l’égalité entre les femmes et les hommes, afin que le financement public assure la promotion des politiques spécifiques favorisant la participation des femmes à la vie économique, sociale et publique, et atteindre des résultats ambitieux en matière de bonne gouvernance fondée sur la participation, la confiance et la redevabilité.
Le directeur des budgets fait savoir qu’après la restitution de la stratégie nationale la dernière phase du programme PagFal, en novembre 2026, serait l’étape de mise en œuvre et l’appropriation des outils de gestion des finances publiques, recommandée dans le cadre de la stratégie, par l’ensemble des administrations.
La gouvernance budgétaire est l’affaire de tous
Prenant la parole, le chef de Coopération auprès de la délégation de l’UE, Marco Migliorelli salue les réformes déjà entreprises dans ce domaine soulignant que l’adoption, en 2018, de la LOLF, constitue «une avancée majeure». «Cette réforme ambitieuse a introduit des évolutions structurantes, parmi lesquelles la budgétisation par programmes et l’inscription de l’action budgétaire dans une perspective pluriannuelle. Elle traduit la volonté des autorités algériennes d’aligner progressivement les pratiques nationales sur les standards internationaux les plus exigeants en matière de gouvernance des finances publiques», dit-il.
Il salue également la publication du budget citoyen et des projets de loi de finances ainsi que le renforcement progressif du rôle des institutions de contrôle, comme la Cour des comptes, pour ne citer que cela. Tout en réitérant l’engagement de l’UE d’apporter son plein soutien pour la réussite de ce programme dont elle intervient financièrement à hauteur de 1,5 millions d’euros, il se dit convaincu «qu’une gestion transparente et redevable des finances publiques constitue l’un des piliers d’un développement durable, inclusif et équitable».
Selon lui, les réformes durables sont celles qui associent les institutions, les élus, les organes de contrôle, la société civile, les médias et l’ensemble des parties prenantes. «La gouvernance budgétaire est l’affaire de tous, car elle touche à la manière dont les ressources publiques sont mobilisées, réparties et mises au service de l’intérêt général», conclut-il.
Pour sa part la représentante du PNUD résidente à Alger, Natasha Van Rijn remercie, de prime abord, le ministère des Finances pour son leadership et son engagement constant dans la conduite des réformes visant à moderniser la gestion des finances publiques. «C’est une étape importante dans un processus engagé depuis plusieurs mois. Il constitue l’aboutissement d’un travail collectif fondé sur le dialogue, l’analyse et la concertation entre les différentes parties prenantes et acteurs concernés par la gouvernance des finances publiques», déclare-t-elle précisant que «le diagnostic réalisé dans le cadre de ce projet, tout en relevant des avancées institutionnelles importantes, montre que des défis subsistent encore», notamment en matière d’accès à l’information budgétaires, de participation du public au processus budgétaire et de renforcement des mécanismes de contrôle et de redevabilité.
Wassila Ould Hamouda