Journée nationale du livre et de la bibliothèque : Le manuscrit amazigh au cœur de la célébration

De notre envoyé spécial à El Bayadh : Walid Souahi
La ville historique de Boussemghoun a donné, samedi, le coup d’envoi des activités de la célébration de la Journée nationale du livre et de la bibliothèque, organisée conjointement par le Haut Commissariat à l’Amazighité (HCA) et les autorités locales.
Placée sous le thème «Le manuscrit amazigh : encre de l’identité et mémoire de l’histoire», cette Journée nationale du livre et de la bibliothèque a réuni chercheurs, universitaires, détenteurs de manuscrits, représentants d’institutions culturelles et acteurs associatifs venus de plusieurs régions du pays.
Le livre, un rempart contre l’oubli
Dans son allocution d’ouverture, le Secrétaire général du Haut Commissariat à l’Amazighité, Si El Hachemi Assad, a souligné la portée symbolique de cette rencontre qui coïncide avec la Journée nationale du livre et de la bibliothèque, instituée afin de promouvoir la lecture, la connaissance et la préservation de la mémoire collective. Il a rappelé que le livre demeure un vecteur essentiel de transmission du savoir et un rempart contre l’oubli, tout en insistant sur le rôle stratégique des manuscrits dans la sauvegarde du patrimoine culturel national.
Le responsable du HCA a particulièrement mis en avant l’importance des manuscrits à contenu amazigh, rédigés au fil des siècles en caractères arabes et reflétant la richesse des interactions culturelles ayant façonné l’histoire de l’Algérie. Selon lui, ces documents constituent un témoignage vivant de la complémentarité historique entre les dimensions arabe et amazighe de l’identité nationale. Il a affirmé que le choix du thème consacré aux manuscrits amazighs s’inscrit dans une vision visant à préserver, valoriser et transmettre cet héritage aux générations futures.
La protection du patrimoine, une responsabilité collective
Dans le même contexte, Si El Hachemi Assad a salué la création de la wilaya d’El Abiodh Sidi Cheikh, estimant que cette décision participe à la dynamique de développement territorial engagée à travers le pays. Il a également rendu hommage aux habitants de Boussemghoun pour leur attachement à leur patrimoine et leur contribution constante à la réussite des initiatives culturelles organisées dans la région. Le Secrétaire général du HCA a enfin rappelé que la protection du patrimoine constitue une responsabilité collective impliquant les institutions publiques, les associations, les chercheurs, les zaouïas et l’ensemble des citoyens.
Assad a plaidé pour une mobilisation permanente en faveur de la conservation et de la valorisation des trésors documentaires nationaux, considérés comme une composante essentielle de la mémoire algérienne. Le wali d’El Bayadh, Noureddine Belarbi, a insisté sur la valeur exceptionnelle des manuscrits en tant que témoins de la mémoire nationale et réservoirs de connaissances, de traditions et d’expériences humaines accumulées à travers les siècles. Il a estimé que leur collecte, leur inventaire, leur étude et leur préservation nécessitent des efforts accrus ainsi que le recours aux méthodes scientifiques modernes.
W. S.