La rumba catalane et le jazz italien font vibrer le TNA

Rumba catalane et jazz italien ont enflammé le TNA lors de la 3e soirée du Festival européen de musique, célébrant diversité et dialogue culturel.
Dans la soirée de lundi, et devant un nombreux public, les formations «Sabor de Gràcia» d’Espagne et «Jemm Music Project» d’Italie se sont produites au Théâtre national Mahieddine Bachetarzi (TNA).
Dans une allocution prononcée avant le début des concerts, l’ambassadeur de l’Union européenne en Algérie, Diego Mellado, a souligné la portée de la manifestation, qui dépasse le cadre des soirées programmées. «Les échanges culturels et humains initiés durant l’événement se prolongent bien au-delà de la scène», a-t-il souligné. L’ambassadeur d’Espagne en Algérie, Ramiro Fernandez Bachiller, a ensuite invité le public à «profiter pleinement de la rencontre musicale et à célébrer la musique, les amitiés qu’elle permet de nouer et le dialogue qu’elle favorise entre les cultures».
La rumba catalane conquiert l’assistance
La soirée a débuté avec Sabor de Gràcia, figure emblématique de la rumba catalane. Fondé à Barcelone en novembre 1994 par le musicien gitan Antonio «Sicus» Carbonell, le groupe est l’un des principaux ambassadeurs de ce genre musical. Dès les premières notes, le public a été entraîné dans un univers chaleureux et festif. Rythmes entraînants des guitares, percussions dynamiques et chants portés par une énergie communicative ont vite conquis l’assistance. Fidèle à l’héritage de grandes figures de la rumba comme Peret ou El Pescadilla, Sabor de Gràcia enrichit cette tradition de sonorités modernes puisées dans la pop, la salsa et divers rythmes latins. Les spectateurs ont apprécié l’authenticité et la générosité de la prestation. Refrains repris en chœur et applaudissements nourris ont témoigné de l’adhésion du public à un univers musical festif et populaire.
Le Jemm Music Project, un voyage sonore pluriculturel
La soirée s’est poursuivie avec la prestation du Jemm Music Project, qui représentait l’Italie et a présenté un spectacle radicalement différent et captivant. Dirigé par le percussionniste et chercheur sonore Max Castlunger, le groupe est reconnu pour son approche innovante mêlant jazz, world music et rythmes afro-caribéens. Fondée en 2013 dans la région du Sud-Tyrol, la formation s’est construite autour d’une passion pour les traditions musicales du monde et l’expérimentation sonore.
Sur scène, ses musiciens ont proposé un véritable périple musical. Les sonorités du balafon africain ont côtoyé celles du steel drum caribéen et du taishokoto asiatique, dans un dialogue permanent avec les instruments plus classiques du jazz contemporain. Cette diversité instrumentale donne naissance à une musique riche en couleurs, portée par des rythmes puissants et des séquences d’improvisation particulièrement appréciées du public. Au fil des morceaux, le groupe a démontré sa capacité à faire dialoguer les cultures. Les influences africaines, latino-américaines, européennes et asiatiques se sont fondues dans une création qui illustre parfaitement l’esprit du festival.
L’évolution artistique du Jemm Music Project était perceptible à travers son répertoire. Connu pour ses ambiances éthérées construites autour du handpan et du steel pan, l’ensemble développe aujourd’hui un son plus ample et plus énergique grâce à l’intégration de saxophones, de trombones, de vibraphones, de basses et de batteries. Cette évolution permet d’explorer de nouveaux territoires entre jazz contemporain, musiques du monde et musique dansante.
Walid Souahi
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