Le programme GGJAP officiellement lancé

Le ministère de l’Économie de la connaissance, des Startups et des Micro-entreprises et le PNUD donnent conjointement, ce mercredi, le coup d’envoi du programme GGJAP : «Accélérateur de Croissance Verte et d’Emplois».

Le GGJAP pourrait bien changer la trajectoire de nombreux jeunes entrepreneurs algériens.

Former des formateurs

Le principe est clair : accompagner ceux qui veulent entreprendre autrement. Des porteurs de projets déterminés à bâtir des entreprises qui ne se contentent pas de générer des profits, mais qui respectent aussi la planète. Énergies renouvelables, agriculture durable, gestion des déchets, économie circulaire… autant de secteurs où l’Algérie a tout à construire et donc tout à gagner. Ces entrepreneurs ne seront pas laissés seuls face à leurs ambitions : formations, réseau structuré et accès à des financements constituent le triptyque de cet accompagnement. La cérémonie de lancement, présidée par le ministre Noureddine Ouadah, a réuni la représentante résidente du PNUD en Algérie, Natascha van Rijn, et l’ambassadrice du Danemark, Katrine From Hoyer; pays bailleur de fonds et référence mondiale en matière de transition écologique.

Le ministre a planté le décor: «Ce programme s’inscrit dans la continuité d’une coopération que nous menions avec le PNUD depuis plusieurs années». Mais aujourd’hui, c’est une nouvelle page qui s’écrit, celle de l’économie verte. Pour lui, le sujet est concret et urgent : «L’économie verte est une composante essentielle d’une économie diversifiée et d’un modèle de développement tourné vers l’avenir». Au cœur du dispositif, une logique de démultiplication : former des formateurs. Des agents issus de l’Agence NESDA, de l’Agence ANGEM et de plusieurs incubateurs d’entreprises bénéficieront de ce renforcement de capacités, afin de maîtriser les standards internationaux liés à l’économie verte et de mieux accompagner, au quotidien, micro-entreprises et porteurs de projets dans plusieurs wilayas du pays.

Accélérer la croissance des entreprises du secteur vert

Le programme cible trois leviers : accélérer la croissance des entreprises du secteur vert, stimuler la création d’emplois au sein de ces structures, et ancrer l’économie verte comme pilier d’un nouveau modèle de développement durable. «Nous avançons pour que l’ensemble de nos programmes soient construits selon des normes internationales, en coopération avec le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) et d’autres institutions mondiales», souligné Ouadah. Et d’ajouter : «Un signal fort envoyé par l’Algérie : l’économie de demain se prépare aujourd’hui, et elle sera verte». L’ambassadrice, Katrine From Hoyer, rappelle les fondements d’un engagement qui dépasse le seul cadre économique : «Depuis 2003, le Programme de Partenariat Dano-Arabe-DAPP œuvre pour la promotion des droits humains, pour l’égalité et pour la création d’emplois». Sur le volet jeunesse, elle est explicite : «L’un des axes prioritaires du DAPP consiste à améliorer la qualité de vie des jeunes en facilitant leur accès au marché du travail, grâce à la promotion de l’entrepreneuriat et la création d’emplois.»

Évoquant la session de formation des formateurs tenue à Alger, la diplomate danoise en souligne la portée stratégique : «Cette session constitue une étape importante dans le processus d’extension du programme du PNUD dans le cadre du DAP». Elle insiste également sur la nécessité d’adapter en permanence les outils proposés : «Il est essentiel que le programme continue de s’adapter à l’évolution des besoins des entreprises», afin de les doter «des outils et de l’expertise nécessaires pour mettre en place leurs projets efficacement et améliorer leur impact environnemental et social». L’objectif affiché : la création d’environ 200 emplois décents, en capitalisant sur les enseignements tirés par le PNUD dans des pays voisins (Égypte, Tunisie, Maroc et Jordanie).

Natascha van Rijn : «Ouvrir de nouvelles perspectives d’emploi»

De son côté, Natascha van Rijn souligne la place centrale que peuvent occuper startups et TPE dans la transformation du pays. «En Algérie, nous sommes convaincus que ces entreprises ont un rôle essentiel à jouer dans la transition verte, en apportant des solutions innovantes, en créant de nouvelles opportunités économiques et en contribuant à une croissance plus résiliente», affirme-t-elle. Elle a ensuite élargi la perspective : «La transition verte ne constitue pas seulement une réponse aux défis climatiques, mais aussi une opportunité concrète pour stimuler l’investissement, renforcer la compétitivité et ouvrir de nouvelles perspectives d’emploi, notamment pour les jeunes talents porteurs d’idées et d’initiatives.»

Sur l’ambition à long terme, la représentante du PNUD est claire : «Nous espérons que cette initiative contribuera à concilier performances économiques, création de valeurs sociales et responsabilités environnementales». Ce lancement n’est qu’un point de départ, celui d’une dynamique collective fondée sur l’apprentissage, l’expérimentation et la coopération entre institutions publiques, structures d’accompagnement, acteurs financiers et entrepreneurs. Avec, en ligne de mire, une Algérie qui innove et entreprend au service de son avenir vert.

Amokrane H.

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