Nécessité de développer une base industrielle locale

Boukhalfa Yaïci, directeur général du Green Energy Cluster Alegria, souligne dimanche la nécessité de développer une base industrielle locale en Algérie.

Le directeur général du Green Energy Cluster Algeria (GEC-Algeria), Boukhalfa Yaïci souligne dimanche que l’initiative européenne T-MED, qui prévoit de mobiliser jusqu’à 25 milliards d’euros d’investissements dans les énergies renouvelables au sud de la Méditerranée constitue une opportunité majeure pour renforcer la coopération entre l’Union européenne et les pays du Sud, tout en facilitant le financement de grands projets énergétiques.

Émergence de nouvelles filières liées à l’énergie propre

L’Algérie est déjà engagée, dit Yaïci, dans plusieurs projets structurants, à l’image du SoutH2 corridor dédié à l’exportation d’hydrogène vert vers l’Europe et du projet Medlink dans le domaine de l’électricité. Au-delà de l’approvisionnement du marché européen en énergie décarbonée, ces projets pourraient générer, indique-t-il, d’importantes retombées économiques pour l’Algérie qui, note-t-il, dispose  d’importante possibilités de produire localement cette énergie.

«Ils favoriseraient notamment la création d’emplois, le développement d’une base industrielle locale et l’émergence de nouvelles filières liées à l’électricité verte et à l’hydrogène vert», déclare-t-il lors de son intervention sur les ondes de la radio chaine 3.  Selon lui, cette coopération s’inscrit dans un esprit gagnant –gagnant appelant au développement d’un co-investissement entre les entreprises algériennes et européennes.

L’invité de la radio met en avant la nécessité  de transformer le modèle économique national en privilégiant la valorisation locale des ressources naturelles. L’objectif étant de dépasser le simple rôle de fournisseur de matières premières pour devenir un exportateur de produits transformés à faible empreinte carbone, insiste-t-il. Selon lui, cette orientation rejoint «la vision  du président de la République et celle des pouvoirs publics visant à renforcer l’industrialisation du pays et à accroître le contenu local».

Valorisation de la matière première

Yaïci insiste aussi sur la  valorisation de la matière première. Il cite, à titre indicatif, la transformation du minerai de fer en acier qui permettrait de créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire national tout en stimulant l’emploi et le développement industriel. «D’ici  2030, nous devrions créer 950.000 postes d’emploi. C’est une vision  très ambitieuse», table-t-il.

Évoquant le projet SoutH2 Corridor, le directeur général du Green Energy Cluster Algeria indique que ce projet représente «l’un des axes majeurs de cette stratégie. Il prévoit la production d’hydrogène vert en Algérie puis son acheminement vers l’Italie et l’Allemagne grâce à la reconversion partielle des gazoducs existants reliant l’Algérie à l’Europe», explique-t-il.

Toutefois, la réussite du projet dépendra, affirme-t-il, de la capacité de l’Algérie à produire une électricité verte compétitive, condition indispensable à la rentabilité des investissements. L’invité de la radio plaide également pour le développement d’une présence durable en Afrique. «Grâce à l’expérience acquise dans les projets nationaux et à l’existence d’un tissu industriel spécialisé dans les équipements solaires, les entreprises algériennes disposent d’atouts leur permettant de se positionner sur ces marchés», conclut Yaïci.

Wassila Ould Hamouda

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