Partenariat: Des délégations étrangères en visite à Oran

Des délégations étrangères seront en visite à Oran durant ce mois de juin pour tisser un partenariat avec des entreprises locales.
Plusieurs délégations étrangères sont attendues au cours de ce mois à Oran, pour effectuer des visites de terrain au sein d’unités de production locales, annonce la Bourse de sous-traitance et de partenariat de l’Ouest (BSTPO) qui y voit le signe d’un intérêt croissant pour les capacités industrielles algériennes en matière de sous-traitance.
Plusieurs constructeurs asiatiques de premier plan concernés
Ces visites ont pour objectif de prospecter d’éventuels partenariats et d’entamer des discussions et des audits de sites par plusieurs groupes internationaux désireux d’évaluer les possibilités de coopération industrielle offertes par le marché national. Pour la BSTPO, l’attractivité du marché algérien a changé d’échelle. Elle ne se limite plus à la seule présence de Stellantis à Oran, même si cette implantation continue de jouer un rôle moteur dans la recomposition de la filière.
L’Organisation estime qu’il serait désormais réducteur de ramener cette dynamique à un seul constructeur ou à une seule branche d’activité, tant les contacts engagés se sont diversifiés ces derniers mois. Les discussions et les audits de sites concernent plusieurs constructeurs asiatiques de premier plan, parmi lesquels Hyundai, Chery, Geely, Toyota et JAC, mais également des opérateurs européens, notamment allemands intéressés par les perspectives offertes par le marché algérien et par les capacités émergentes de la sous-traitance locale.

Cette évolution, telle qu’elle est présentée par la BSTPO, traduit un déplacement du regard porté sur l’Algérie, de plus en plus perçue non plus seulement comme un débouché commercial, mais comme une base industrielle susceptible d’accueillir des opérations de production plus intégrées. L’Organisation précise, en outre, que cet intérêt ne concerne pas uniquement l’industrie automobile. Dans le secteur de l’électroménager également, des échanges sont en cours avec des marques turques autour de projets de coproduction de cartes électroniques et de compresseurs, ce qui élargit le champ des partenariats envisagés et confirme, selon elle, la montée en puissance d’un tissu de sous-traitants capable d’intervenir dans des segments techniques variés.
Entre 150 et 200 entreprises algériennes ciblées
Au-delà des discussions engagées avec les groupes étrangers, la BSTPO met surtout en avant le poids croissant du tissu national. Elle estime qu’entre 150 et 200 entreprises algériennes, tous rangs confondus, sont aujourd’hui soit déjà engagées, soit auditées, soit en phase de préparation pour intégrer ces chaînes de valeur mondiales.
Un tel volume, s’il se confirme dans la durée, traduirait un changement d’échelle significatif pour un secteur longtemps considéré comme périphérique, mais qui tend désormais à apparaître comme l’un des maillons essentiels de l’intégration industrielle. La BSTPO considère que la sous-traitance locale n’est plus un simple appoint, mais un réservoir de compétences techniques et de capacités productives, en mesure de répondre à des exigences industrielles plus élevées.
L’enjeu, désormais, n’est plus seulement de fournir ponctuellement des pièces ou des sous-ensembles, mais de faire émerger un écosystème capable de s’insérer de manière durable dans des logiques internationales de production. Elle insiste également sur le fait que cette dynamique ne vise plus uniquement la substitution aux importations, même si cet objectif demeure central dans le contexte national. Elle commence, selon elle, à prendre une dimension plus offensive, tournée vers l’exportation et la conquête de nouveaux débouchés.
À ce titre, la BSTPO cite comme exemple l’exportation récente de batteries automobiles fabriquées en Algérie vers le Cameroun et d’autres marchés subsahariens, opération qu’elle présente comme un marqueur important de l’évolution du secteur. Pour la BSTPO, ce type d’initiative montre que certains produits issus du tissu industriel national peuvent désormais répondre non seulement à la demande locale, mais également trouver leur place sur des marchés extérieurs. Cette évolution reste encore à consolider, mais elle témoigne, selon la même source, d’un passage progressif d’une logique de remplacement de l’importation à une logique plus ambitieuse d’intégration productive et de projection à l’international.
Lyes Mechti
