Santé scolaire: 17 secteurs mobilisés pour protéger les élèves

Une commission intersectorielle est installée mercredi à Alger pour faire de l’école un espace de santé scolaire.
Obésité, sédentarité, détresse psychologique, dépendance aux écrans; les maux qui guettent l’élève algérien d’aujourd’hui appellent une réponse à la hauteur de leur complexité. C’est dans cette perspective que le ministère de la Santé installe la commission nationale intersectorielle réunissant 17 secteurs ministériels autour d’une mission commune. Le but est de concevoir le Plan national stratégique de promotion de la santé en milieu scolaire.
La santé de l’élève, une priorité nationale
C’est au siège du ministère que s’est tenue la cérémonie d’installation, en présence des représentants des secteurs et institutions partenaires. Intervenant à l’ouverture de la séance, le secrétaire général du ministère de la Santé, Mohamed Talhi, fixe le cap: « La santé de l’enfant et de l’élève n’est pas une question subsidiaire. Elle est une priorité nationale et un investissement stratégique dans l’avenir du pays« .
L’école, souligne-t-il, a profondément changé de nature. Elle n’est plus seulement un lieu de transmission des savoirs, mais «un espace intégré de construction de l’être humain, de développement de ses capacités et d’ancrage de comportements sanitaires sains».
Talhi passe en revue les défis sanitaires qui pèsent sur la population scolaire, notamment le surpoids et obésité, sédentarité, déséquilibres nutritionnels, fragilités psychologiques, addiction aux écrans et exposition aux risques du numérique. Un tableau préoccupant qui, selon lui, rend incontournable une approche intersectorielle, fondée non pas sur la juxtaposition des efforts, mais sur leur véritable coordination.
Un plan stratégique
L’élaboration du Plan national stratégique de promotion de la santé en milieu scolaire constitue, de son avis, «l’instrument permettant de traduire cette ambition en actes». Il s’agit de fédérer les interventions, d’harmoniser les contributions de chaque secteur selon son domaine de compétence, et de définir une vision partagée débouchant sur des objectifs «concrets et mesurables», au bénéfice des élèves, de leurs familles et de la société dans son ensemble.
Devant les membres nouvellement installés, le secrétaire général a été sans ambiguïté sur le critère d’évaluation de leur travail. La commission sera jugée à sa capacité à «transformer les recommandations en programmes et initiatives de terrain produisant un impact tangible dans la vie des élèves».
17 secteurs, une feuille de route commune
La Dr Fatma-Zohra Bousemaha présente les missions et la composition de la nouvelle instance. Présidée par le secrétaire général du ministère de la Santé en qualité de représentant du ministre, la commission rassemble des délégués de 17 secteurs ministériels, d’institutions nationales et d’organisations de la société civile.
Ses attributions sont larges. Il s’agit notamment d’approuver le programme national de santé scolaire et en définir les mécanismes de mise en œuvre, assurer la coordination, le suivi et l’évaluation des activités qui en relèvent; veiller à l’élaboration de plans d’action sectoriels cohérents, et collecter, analyser et évaluer les rapports d’activités des partenaires afin d’affiner en continu l’efficacité des interventions. Une architecture institutionnelle ambitieuse, dont la valeur se mesurera, in fine, à ce qu’elle produira sur le terrain.
Samira Azzegag