Travail des enfants: l’Algérie ne recense que deux cas en cinq mois

L’Algérie affiche des résultats probants dans la lutte contre le travail des enfants, affirme jeudi, Abdelhak Saïhi. Deux cas seulement en cinq mois sur 72.000 entreprises inspectées.
Intervenant lors d’une cérémonie organisée à Alger, à l’occasion de la journée mondiale contre le travail des enfants, célébrée chaque 12 juin, en présence de la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition féminine, Souria Mouloudji, ainsi que la Déléguée nationale à la protection de l’enfance, Meriem Cherfi et de représentants d’organisations internationales, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale indique que « ce résultat est le fruit d’une opération de contrôle d’envergure engagée par les services de l’inspection du travail entre le 1er janvier et le 31 mai 2026″.
Une mobilisation nationale, pas sectorielle

Le ministre a précisé que plus de 72.000 établissements privés, employant plus de 676.000 travailleurs, ont été en effet inspectés sur cette période. «Seuls deux cas de travail illégal d’enfants de moins de 16 ans ont été relevés». Et d’ajouter que «les procès-verbaux
d’infraction sont également en recul : 19 cette année, contre 24 sur la même période en 2025».
Un chiffre qui illustre, selon le ministre, la montée en puissance de la vigilance institutionnelle et la maturité croissante des employeurs face à leurs obligations légales. Le recul est également visible dans les procès-verbaux d’infraction: 19 dressés cette année, contre 24 sur la même période en 2025.
Saïhi insiste sur le fait que ces résultats ne sont pas le fruit du hasard, mais d’un travail de terrain coordonné entre les institutions de l’État, fondé sur la rigueur dans l’application de la loi, l’intensification des contrôles et l’élargissement des programmes de sensibilisation. La lutte contre le travail des enfants est, selon lui, une responsabilité nationale collective, partagée par l’État, la famille, l’école, la société civile et les partenaires sociaux et économiques.
Une politique de protection érigée en priorité nationale
Organisée sous le slogan «Carton rouge au travail des enfants : une enfance
protégée et un travail décent pour les adultes», la cérémonie est l’occasion pour
le ministre de réaffirmer que la place naturelle de l’enfant est l’école, la famille et
les espaces d’apprentissage et non les chantiers ou les ateliers. Il rappelle l’attachement de l’Algérie aux grandes conventions internationales en la matière.
Il cite dans ce sillage la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant (1989), les conventions OIT n° 138 et n° 182 portant respectivement sur l’âge minimum de l’admission à l’emploi et sur les pires formes de travail des enfants, ainsi que la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant.
Dans le sillage des orientations du Chef de l’Etat, Saihi inscrit ces avancées dans le droit fil des orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Le chef de l’Etat place en effet la promotion de l’enfance et le renforcement de la protection sociale et éducative
au cœur du projet de l’Algérie nouvelle. «Bâtir l’homme commence par protéger
l’enfant», insiste Abdelhak Saïhi.
Mouloudji : «plus de 50 établissements spécialisés»
De son côté, la ministre Mouloudji souligne que l’Algérie dispose d’un réseau de
plus de 50 établissements spécialisés dans la protection de l’enfance, garant d’une prise en charge globale des enfants vulnérables. Dans le sillage des orientations du Président de la République.
Le ministre réitère, par ailleurs, la solidarité de l’Algérie avec les enfants de Palestine, «victimes de la guerre et de l’occupation», dit-il. Il appelle, dans ce cadre, la communauté internationale à assumer ses responsabilités morales et humanitaires. Il adresse, pour terminer, un message d’encouragement aux élèves ayant passé les examens du BEM et du Baccalauréat, leur souhaitant succès et excellence dans leur parcours scolaire.
Samira Azzegag