2e édition du Salon du livre Mouloud-Mammeri : C’est parti d’une idée de jeunes pour les jeunes 

C’est mardi 24 mai 2022 que le coup d’envoi de la 2e édition du Salon du livre Mouloud-Mammeri d’Ath-Yenni  a été donné au niveau de la Maison de jeunes  Keddache-Ali de la localité.

Un coup d’envoi  qui a été solennellement donné par Samir Amrane,  président de l’Association culturelle de loisirs de jeunes (ASLJ) de la maison de jeunes organisatrice de cette manifestation, et ce, avant que lui succède Ahmed Saâdi, un des membres actifs de cette association, créée en 2019, pour donner un bref historique quant à la naissance de ce salon qui en est à sa 2e édition officielle, mais  3e officieusement avec la première organisée en interne. C’est ainsi que pour lui «l’idée avait germé au lendemain de la réussite de nombreux salons du genre un peu partout en Kabylie».  «Lors d’une discussion, à l’issue d’une des nombreuses activités que nous organisons  à longueur d’année au sein de notre établissement, nous avions abordé cette idée de lancer un salon du livre dédié à notre illustre Mouloud Mammeri d’autant qu’Ath Yenni  a enfanté de nombreuses et nombreux  femmes et hommes de lettres, des journalistes et autres intellectuels», ajoutera-t-il en relevant que le succès des salons de Boudjima et de Ouaguenoun «ont été pour nous un leitmotiv qui nous a  poussé à l’avant de l’avant». Non sans saluer, l’accompagnement de la DJS leur tutelle «qui a de  suite donné son feu vert pour ce genre de manifestation qu’elle encourage à travers toutes les structures de jeunesse».
Ainsi après la fête du Bijou, Ath-Yenni se dote d’un salon du livre qui apporte un plus à cette localité très prisée par les touristes envoûtante et  charmeuse qu’elle l’est et qui n’a pas manqué de faire dire  à Ibn-Kheddloun dans une de ses citations «Dès que tu rentres dans la tribu des Ath Yenni, tu t’aperçois que Dieu leur a donné un soin particulier».
Ainsi au programme de la  première journée  de cette édition qui  regroupe 100 auteurs et 26 maisons d’édition, il a été organisé deux tables rondes et un échange de dédicaces. En effet,  après l’ouverture solennelle, il a été organisé  la 1re  table ronde «Tira Ntlawin», (Ecritures de femmes) animée par Chabha Bengana et Rachida Sidhoum avant que ne leur succèdent  Mohand Akli Salhi et Takfarinas Naït Chabane  qui ont débattu, dans l’après-midi, de la thématique de «la production littéraire amazigh», avant un échange-dédicace avec l’auteur Arab Si Abderrahmane autour de son roman «La colline sacrifiée».
Quant à la seconde journée du Salon, celle-ci a été entamée par une table ronde autour de «L’héritage de Mohia» (auteur, parolier, traducteur et poète), avec Saïd Chemakh et Amar Laoufi, suivie d’un échange du public avec Habib Allah Mansouri sur la problématique de «L’usage de la terminologie de l’histoire», puis avec Lyes Belaïdi autour de son livre Tasnaght  N’umezruy (La sagesse de l’histoire).
Il reste que de l’aveu du président de l’association organisatrice, la pérennité de  ce  salon «est loin d’être assurée». En effet, selon lui,    «déjà cette seconde édition a été organisée aux forceps». Il déplore que «les soutiens promis n’ont pas été honorés tant par la collectivité locale que par les promoteurs qui s’étaient engagés pour nous aider». Et de souligner que «seule  la DJS,  notre tutelle,  nous a remis 500.000 DA». Et dire, comme il le révélera,  que cette manifestation constitue un plus pour la commune et la wilaya. Une commune qui  mérite plus de manifestations d’envergure pour tout ce qu’elle a donné pour la culture et les arts pour le pays. Il nous fera aussi part  du manque d’engagement de la part de certains membres de l’association qui sont tous fonctionnaires du secteur qui se contentent des horaires administrés.
Aussi, il serait dommage que ce festival qui attire de plus en plus d’auteurs et de maisons d’éditions puisse mourir de sa belle mort.  Aussi, il est  important pour les organisateurs de revoir le timing de ce salon pour drainer plus de monde tant il faut dire que pour la première journée, les participants n’ont pas vu grand monde «pour ne pas dire personne» comme nous le confiera un auteur venu dédicacer  ses œuvres. Ce salon qui intervient en milieu de semaine et en pleine période de composition et examens pour les lycéens et étudiants et leurs enseignants ne pouvait enregistrer l’engouement attendu. Un engouement espéré pour ce week-end en tous les cas.
En attendant, comme nous le dira, le chargé de presse de ce festival, Makhlouf Boughareb, «le plus important est que le salon est là. Comme tout enfant qui vient au monde, il poursuivra sa croissance et grandira davantage».
Rachid Hammoutène