8e édition du Forum africain sur l’investissement et le commerce : Les entrepreneurs insistent sur un arsenal juridique pérenne 

L’intégration géographique du continent africain et du monde arabe, un arsenal juridique pérenne régissant l’acte d’investir et un accompagnement sûr des institutions financières sont les axes essentiels qui ont été soulignés par les participants à la 8e édition du Forum africain sur l’investissement et le commerce (Afic8) organisé, ce mercredi à l’hôtel Sheraton (Alger), par le Centre arabo-africain d’investissement et de développement (CAAID). C’est pour eux une urgence en vue d’une intégration économique de la région et d’une diversification de la palette des exportations hors hydrocarbures.

Le président du CAAID, Amine Boutalbi, invite, d’emblée, tous les participants à ce Forum, investisseurs, institutions financières et autorités publiques, à mettre la main dans la main à même d’atteindre, cette année, l’objectif d’un volume de 7 milliards de dollars d’exportations algériennes hors hydrocarbures. Pour Lakhdar Rakhroukh, président-directeur général du groupe public de BTP Cosider et président de l’Union nationale des entrepreneurs publics (Unep), cette rencontre a été une opportunité afin d’échanger et de partager les expériences acquises par les industriels nationaux. «Le groupe Cosider qui a acquis une expérience en Algérie dans le bâtiment, les travaux publics et l’hydraulique à travers la réalisation de grands investissements tend aujourd’hui à se lancer dans des projets aussi importants dans notre continent et à exporter l’expérience cumulée», a-t-il souligné.
En dehors du BTP, Cosider est présent, précise-t-il, dans l’agriculture avec des exploitations de 26.000 ha qu’il est en train de développer dans la filière de la céréaliculture. En outre, il ambitionne de se lancer dans la production laitière. Autant de perspectives que le groupe public entend élargir en conquérant le marché africain, ajoute-t-il. «Nous avons déjà posé les jalons d’un projet en Tunisie et nous sommes en train de soumissionner pour d’autres  au Tchad et en Mauritanie», prévoit-il.
De son côté, Saïda Neghza, présidente de la Confédération générale des entreprises algériennes, plaide pour un code de l’investissement «clair», «pérenne» et «équitable» à même de protéger les investisseurs nationaux et étrangers. Elle relève, dans ce sillage, l’importance des textes de loi censés faciliter aux investisseurs nationaux d’élargir leur activité à l’étranger. Neghza voit que l’avenir du pays est au Sud, notamment dans les secteurs agricole et minier.
Nécessité d’une réforme bancaire
«Nous avons déposé des dossiers et bénéficié des terres pour investir au Sud. J’espère qu’aujourd’hui nous n’allons pas rencontrer des obstacles pour faire aboutir nos projets. Il y a aussi le problème des banques qui entravent énormément nos projets et n’assurent pas l’accompagnement de l’investisseur», dénonce-t-elle.
Par ailleurs, Ahlem Madani Sabih, ministre de l’Investissement du Soudan, salue les efforts de l’Algérie consentis pour une meilleure intégration de la région tant sur le plan géographique qu’économique. «Nous tâchons à travers notre présence à ce Forum à libérer davantage les rapports d’échanges économiques entre les pays participants et les secteurs public et privé», indique la ministre.
Davisha Lagoson, qui représente le ministre congolais du Commerce, insiste sur la volonté des autorités congolaises quant à l’intensification des échanges commerciaux entre les pays africains. «Nous sommes persuadés qu’à la prochaine édition, les autorités congolaises vont aider nos opérateurs économiques à surmonter tous les obstacles pour prendre part à cet important évènement. Notre pays propose à ses partenaires africains une multitude d’opportunités dans le domaine de l’agriculture, la pêche, l’industrie, les mines et les hydrocarbures ainsi que l’environnement», dit-elle.
Pour rappel, l’Afic 8 a vu la participation d’investisseurs et d’hommes d’affaires étrangers. Des organisations professionnelles et patronales ont été également conviées à l’évènement qui se clôture aujourd’hui. Des rencontres B to B sont prévues entre les opérateurs économiques, et une exposition de divers produits locaux et étrangers est organisée en marge du Forum. Pour ce qui est des secteurs concernés, il est question de l’agriculture, du textile, du commerce, de la pêche, du transport, du numérique et des énergies fossiles et solaires.
A. Mehdid