Laghouat, M’sila et Djelfa: Héritage et rites préservés

Les coutumes et traditions varient dans notre vaste pays, mais elles révèlent le même ancrage dans le terroir et le souci de les préserver, notamment dans la région des Hauts-Plateaux.

À Laghouat, réputée pour la générosité et l’hospitalité de ses habitants, le mois sacré ravive certaines traditions. On continue ainsi d’attendre les coups de canon qui annoncent la rupture du jeûne même si l’appel à la prière retentit à travers différents quartiers de la ville.

La rbika est aussi respectée quand on initie l’enfant au jeûne à sa puberté. Un fil est alors enroulé autour de son cou et si les extrémités se rejoignent, il est tenu de jeûner.

Tabqa célèbre ce premier jeûne de manière spéciale. La mère prépare alors les plats les plus délicieux et légers et du sirop appelé charbat.

Il s’agit d’un mélange d’eau, de miel, d’eau de fleur d’oranger et de jus de citron. Chacune pense que ce breuvage rend agréable le jeûne de son enfant.

Quant aux petits qui ne jeûnent pas, ils sortent avec des plateaux de petit-déjeuner avant l’appel à la prière pour zaqat al-tayrau profit des nécessiteuxdu quartier.

Les coutumes à M’sila n’ont pas perdu de leur éclat. Pendant le Ramadhan, une saveur particulière se dégage des foyers et des places de la capitale du Hodna.

Parmi les coutumes auxquelles une grande attention est attachée figure l’invitation de proches et d’amisàl’iftar.

C’est une pratique familière au sein de nombreuses familles tout au long du mois béni. Presque chaque jour, un jeûneur prend place à la table de l’iftar chez un parent ou un voisin.

Les familles veillent également à ne pas manquer de marquer le premier jeûne d’un enfant et, pour l’occasion, elles préparent des repas variés et spécialement destinés au «héros du jour».

Après l’Iftar, cafés, restaurants et parcs sont pris d’assaut et se transforment en lieux de prédilection pour fumer la chicha et jouer aux dominos.

De nombreuses activités culturelles sont organisées, entre autres, des prestations de chorales et d’inchad et des compétitions culturelles et religieuses pour les enfants.

Des cours de mémorisation du Coran et des hadiths ainsi que des conférences dans les mosquées et les centres islamiques attirent grand monde.

À Djelfa, l’ambiance est empreinte de spiritualité notamment durant les prières de Tarawih et LaylatEl Qadr où souvent on organise la circoncision des petits garçons.

Il y a également la préparation de certains plats spéciaux tels que le mesfouf apporté dans les mosquées pour être offert comme repas du shour aux personnes qui y passent la nuit.

Mois de générosité par excellence, on n’hésite pas à faire des dons. L’autre plat en vogue est bechicha,préparé à base d’orge.

Si les fêtes dans les salles ne sont pas familières au sein des familles et des cercles d’amis, on veille en écoutant des groupes de taqsad qui interprètent de la musique et déclament des vers.

Ces quinze dernières années, une nouvelle tradition, nous dit un habitant de Djelfa, s’est enracinée. On se réfère souvent au calendrier de l’Hégire et de plus en plus l’on célèbre un anniversaire dans une ambiance de convivialité propre à ce mois dont les jours et les nuits sont longs.

 

Samira Belabed

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