Médéa : L’apprentissage du Coran suscite l’engouement des citoyens

L’apprentissage du Saint Coran à Médéa a toujours attiré des citoyens de différentes catégories d’âge et des deux sexes qui consacrent un peu de leur temps libre pour suivre les cours de mémorisation du Livre sacré dispensés dans de nombreuses écoles coraniques et zaouïas de la wilaya.

L’engouement que suscite l’apprentissage du Coran est très remarqué durant le mois du Ramadhan avec un taux de fréquentation qui dépasse celui enregistré pendant les autres périodes de l’année, a indiqué le directeur des Affaires religieuses et des Wakfs, Brahim Touat.

« Le seul moment de l’année où le niveau de fréquentation des établissements cultuels est comparable à celui observé à l’occasion du mois de Ramadhan, est pendant l’organisation de l’Ecole coranique d’été que beaucoup de citoyens, enfants, adultes et femmes, mettent à profit pour s’inscrire dans des cours de mémorisation du saint Coran et d’apprentissage des règles de récitation », a-t-il fait savoir.

L’effectif des apprenants enregistré à ce jour s’élève à plus de 21.000, dont pas moins de 9.306 apprenantes (fillettes, femmes au foyers, universitaires ou employées des administrations).

Ils se sont inscrits dans différents niveau d’apprentissage variant entre cinq, dix, quinze, et trente « hizb » (versets) ou pour un apprentissage de longue durée incluant l’intégralité du Livre Saint, soit 60 « hizb », a-t-il ajouté.

Dix-huit écoles coraniques et huit zaouïas assurent à titre bénévole cette mission qui, en sus de sa portée religieuse, contribue à l’éducation des citoyens aux préceptes de l’Islam et préserve la tradition de transmission
orale du Saint-Coran, tout en assurant la relève par la formation de récitants aptes à diriger les prières et de l’encadrement qui se charge de cette mission, a fait observer M. Touat.

La compétition est le maître mot au sein de ces établissements, car chaque apprenant y voit l’occasion de se distinguer par rapport à ces semblables et essaye de se surpasser en comptabilisant le plus de « sourates » et de
« Hizb ».

Le plus grand des défis que chaque apprenant se doit de relever, consiste en la maîtrise des règles de récitation (Ahkam Attilawa), car « il ne suffit pas de réciter de façon monotone et sans rythme les versets du Coran, sans
se soucier des règles de prononciation correcte qui régissent ce domaine », explique cheikh Mohamed, encadreur au sein d’une école coranique du chef-lieu de wilaya.

La récitation, une science à part entière

« Les règles de récitation sont une science à part entière et c’est de leur maîtrise que dépend le niveau de performance de l’apprenant, puisqu’il s’agit d’apprendre comment prononcer correctement chaque lettre et chaque mot », a-t-il insisté.

Les jeunes apprenants doivent assimiler durant leur période d’apprentissage qui s’étale sur plusieurs mois, les principales règles de la « Tilawa » (récitation) qui « fait ressortir toute la splendeur du texte coranique et capte son attention en donnant du rythme et de l’intonation », poursuit Cheikh Mohamed.

L’apprenant doit connaître également les points de sorties des lettres et ils en existe 17 points parmi lesquels « l’intérieur » (El-Djaouef) l’espace vide à l’intérieur de la bouche et de la gorge, « la gorge » (El-halk), dans le bas de la gorge et de la bouche, « la langue » (El-lissane) qui fait référence à dix points de sorties de 18 lettres de l’alphabet arabe, l’arrêt et la reprise dans la récitation.

Beaucoup parmi les apprenants approchés par l’APS, ont confié qu’ils caressent le rêve de devenir un jour un récitant de Coran connu, de diriger la prière des Tarawih en particulier où tout l’art de la récitation est mis en valeur.

Ils espèrent réussir à imiter des récitants très connus du public, comme Saad El-Ghamidi, Abdelabasset Abdessamad, El-Houssari, pour ce qui est des célébrités de nationalité étrangère, ou parmi les récitants nationaux les plus en vue actuellement tels que Yacine El-Djazairi, Abdelaziz Sahim, Mohamed Megatli, ce dernier dirige la prière des Tarawih à la grande Mosquée d’Alger, ou encore Walid Mahsas.

Le rêve de chacun des enfants qui fréquentent ces écoles coraniques est de décrocher le titre de « Mizmar Daoud » (Flute de David), qualificatif donné au récitants à la voix mélodieuse et captivante.

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