Rencontre avec la comédienne Yamna : « J’ai envie de percer»

Elle est connue  sur les réseaux sociaux avec son  personnage «Yamna» , une  Algéroise qui aborde, avec humour,  les  problèmes  de la société. Depuis peu,  elle laisse place à Amina Dahmane  qui change de registre en interprétant  le  personnage  dramatique «Fatima» dans «El beranni»  un feuilleton diffusé par  Echourouk TV. Dans cet entretien,  elle nous parle de cela et d’autres choses, notamment de sa volonté de percer.

Comment passez-vous vos journées durant ce Ramadhan ?  

Les deux premières semaines ont été incroyablement intenses pour moi.  Outre le tournage d’El Beranni, la publicité Web avec Merouane Guerouabi et les répétitions de mon stand-up, je n’ai pas eu un moment de répit. Malgré la fatigue accumulée, tout cela  me procure une satisfaction et un bonheur indescriptibles.

Le public s’est habitué à Yamna. Cette fois-ci, il a fait la connaissance d’Amina Dahmane dans le  rôle  de «Fatima». Comment avez vous vécu cette  première apparition dans une série télévisée ?

Fatima  est un personnage complexe. Prof de sociologie à l’université, elle incarne une dualité intrigante car  sa personnalité et son comportement semblent parfois en décalage avec l’image traditionnelle d’une intellectuelle. Malgré son statut, elle semble en quête perpétuelle, incapable de saisir pleinement ce qu’elle recherche dans la vie et loin d’être ce qu’elle souhaite refléter dans la société. En développant le personnage, j’ai ajouté une touche personnelle avec mes répliques mais nous n’avons pas de points de ressemblance. L’interpréter a été un challenge stimulant. Je ne suis pas prête à oublier cette expérience tant elle a été pleine d’émotions et de rebondissements.

Quels sont les défis que vous avez rencontrés lors du tournage ?

Etant dans la comédie, j’ai pour habitude de faire pleurer mon public de rire. Une fois n’est pas coutume,   mon   rôle exigeait que je pleure et que j’exprime des émotions plus sombres dans plusieurs scènes. Ce n’était pas une tâche aisée.  Etant pacifique par nature,   les scènes de violence ont été particulièrement difficiles à  interpréter. J’ai dû être giflée et donner un coup de poing à une actrice. Cela a nécessité une transformation émotionnelle de ma part. C’était un défi artistique qui a repoussé mes propres limites.

Qu’est-ce qui vous a attirée dans le rôle et comment vous vous y êtes préparée ?

Le personnage m’a profondément interpellée  me poussant à réfléchir sur la place des femmes dans notre  société. Qu’elle soit instruite  ou non elle doit constamment s’imposer même avec ses proches. Ce qui a  stimulé aussi  ma réflexion est  le grand fossé entre ce que nous aspirons à être et la réalité de ce que nous sommes. Fatima cherchait à incarner l’image d’une femme authentique et modeste, ancrée dans la réalité sans l’être .

Ce contraste a été une source d’intérêt intense.  En collaboration avec le réalisateur Mouzahem, nous avons eu des discussions approfondies. Nous avons exploré ensemble la  psychologie, la  gestuelle  et ses interactions avec les autres personnages et ses répliques. Ce processus de création de personnage a été extrêmement enrichissant pour moi. J’ai consacré de nombreuses heures à répéter pour incarner Fatima. Cette immersion a été essentielle pour donner vie au personnage de manière convaincante.

Quels sont vos projets?

Yamna retrouvera certainement la  scène car  la comédie et les stand-up me nourrissent. J’ai  l’ambition de percer dans un  domaine qui me passionne. Bien que je sois attirée par la comédie, je ne ferme pas la porte aux réalisations dramatiques. Si une  opportunité se présente, j’aimerais beaucoup travailler à nouveau avec Mouzahem.

Son professionnalisme et sa maîtrise ont contribué à rendre exceptionnelle mon expérience sur le plateau. Collaborer avec lui  serait un honneur et une garantie de qualité artistique. Je voudrais travailler aussi avec Walid Bouchebbah, un autre  grand réalisateur

Propos recueillis par Souha Bahamid

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