Danses populaires : Un riche patrimoine algérien mis en valeur

L’Établissement Arts et Culture de la wilaya d’Alger, a abrité, lundi à l’Espace culturel Bachir-Mentouri, une conférence thématique animée par Brahim Bahloul, ancien directeur du Ballet national et directeur de la troupe de musique andalouse «El-Djazira».  Intitulée «Les danses populaires, un reflet de l’originalité et des traditions des peuples» la conférence a porté notamment sur l’importance de la danse populaire et son impact à travers l’histoire.

Bahloul a indiqué que la danse est un phénomène instinctif, un don de la nature, où chaque sentiment trouve son écho dans des mouvements qui s’animent au rythme des expressions du corps. «La danse traditionnelle, populaire ou folklorique est présente dans chaque culture. Elle constitue une expression vivante des traditions, véhiculant les rituels festifs et les sentiments propres à chaque communauté. Cet art, fruit de créations individuelles ou collectives, se transmet de génération en génération, reflétant ainsi les principes organisationnels et spirituels propres à chaque société», a-t-il expliqué.

Selon lui, «elle incarne avant tout une représentation figurative des civilisations et des modes de vie». Évoquant l’histoire millénaire de la danse, il a affirmé que celle-ci précède de loin l’avènement des empires, étant née avant toute civilisation. Il a souligné que les représentations artistiques telles que les peintures, sculptures et documents historiques sont autant de témoignages figés d’un art connu pour sa dynamique et sa constante mobilité. En Algérie, le conférencier a rappelé que l’art chorégraphique populaire n’a pris son essor qu’après l’indépendance, attribuant ce retard à la politique coloniale opposée à la promotion de l’identité nationale. Il a retracé l’émergence de cet art avec la création du premier groupe, «El-Manar», en 1963, suivi de l’Ensemble national des danses populaires (ENDP), et du Festival Panafricain en 1969, accueillant des pays nouvellement indépendants ainsi que d’anciennes colonies, dont le Mozambique.

«L’Algérie incarne le berceau des hommes libres, une Mecque des révolutionnaires», a-t-il déclaré, avant de partager avec l’audience des anecdotes sur les multiples participations des troupes musicales algériennes à l’étranger, soulignant ainsi l’impact et la reconnaissance internationale de nos danses populaires telle la Danse «Allaoui», où la danseuse au son de la «ghaïta» et au rythme du «bendir», exécutent de petits pas rapides en tenant de ses mains les pans de sa robe qu’il a trouvé très proche gestuellement de la danse «beryozka» de la Russie. La «Allaoui» est une musique et danse traditionnelle guerrière connue de l’ouest algérien spécifique à la région de Tlemcen. D’après le savant Abi Ras El-Naciri El-Djazaïri, cette danse existait depuis le XVIe siècle.

Rostom Belgacem

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