Campagne céréalière : Des prévisions prometteuses

 Les prévisions de la récolte de céréales pour 2024 sont «optimistes et rassurantes», selon le secrétaire général du Conseil interprofessionnel des céréales (CNIFC), Benali Abdelghani.

«La récolte sera plus ou moins bonne, surtout dans les régions Centre et Centre-Est. Nous sommes dans la bonne cadence», a indiqué, ce mercredi, le SG du CNIFC, tout en précisant que le Sud promet aussi une bonne production, contrairement à l’Ouest, très impacté par le manque de pluviosité et les fortes températures du printemps qui ont causé l’avortement des graines. «Les mesures prises par le président de la République Abdelmadjid Tebboune concernant la fourniture des intrants et de la semence gratuitement aux agriculteurs touchés par la sécheresse ont fait que les superficies emblavées ont augmenté considérablement», a souligné le même responsable. Toutefois, il a estimé qu’il est encore trop tôt pour donner un chiffre prévisionnel de la production. « On va attendre que la moisson se fasse. D’ici le mois de juillet, on sera fixé», a-t-il ajouté.

Seulement, il a estimé qu’il est difficile de calculer le rendement moyen en raison de certains facteurs, notamment les changements climatiques et les variations des températures au cours d’une seule journée. «Nous sommes en train de voir déjà les écarts de température. Cela ne favorise pas la croissance des graines. L’alternance de périodes chaudes et des excédents de pluies peut également entraîner localement un plafonnement des rendements », a précisé le même responsable qui s’attend à des rendements considérables.

Enseignant chercheur à l’Ecole nationale supérieure agronomique d’Alger (ENSA), Brahim Bouchareb, a estimé que la production nationale de céréales pour cette année s’annonce relativement meilleure que celle des années précédentes au vu des précipitations un peu plus importantes, notamment celles qui sont tombées à la fin mars-début avril et qui ont sauvé la saison agricole céréalière. Selon lui, les rendements peuvent ainsi grimper surtout en blé dur dans les bassins céréaliers du Sud, tout en espérant un rendement acceptable en blé tendre dans le bassin céréalier de l’est du pays.

Des rendements en augmentation notable

«Cela ne va pas nous assurer une sécurité céréalière de sitôt, mais je pense qu’en blé dur, nous pouvons enregistrer des rendements en augmentation notable par rapport à l’année passée», a-t-il relevé. D’autre part, il a indiqué que les facteurs qui influent sur la production sont essentiellement les quantités pluviales de l’année, la répartition de ces pluies lors du cycle végétatif de l’épis et les encouragements de l’Etat pour booster la production et améliorer les rendements. Il a souligné que certaines régions, notamment celle d’El Ménia, ont obtenu déjà des rendements excellents, arrivant jusqu’à 80 quintaux à l’hectare.  Et de rappeler qu’un bon rendement dépend également de facteurs secondaires, mais importants comme par le choix des semences et les variétés adaptées.

«Les rendements ne sont pas encore connus, il faudra attendre la saison de moisson qui vient de commencer dans les régions du Sud pour se prononcer», précise-t-il, notant qu’une fois le bilan établi, il faudra définir les nouvelles conduites et stratégies allant dans le sens de l’augmentation de la productivité et des surfaces emblavées. « La campagne moisson-battage des céréales est terminée dans le sud, et la récolte est bonne cette année », a indiqué une source au ministère de l’Agriculture. Des propos confirmés par les services agricoles de la wilaya d’Adrar qui font état d’une production, attendue au terme de la campagne moisson-battage de l’actuelle saison agricole (2023-2024),  de plus d’un million de quintaux (q) de céréales, toutes variétés confondues. Des rendements de 60 voire de 70 quintaux  ont été réalisés grâce à la nouvelle stratégie mise en œuvre par l’Etat. L’optimisme  est également de mise dans les wilayas de l’Est.

Amokrane H.

Bouton retour en haut de la page