Développement de l’agriculture biologique : Vers l’élaboration d’un cadre juridique et réglementaire

«L’Algérie dispose d’un potentiel important pour développer une filière agricole bio-durable offrant des perspectives économiques et environnementales prometteuses», a affirmé, ce mercredi, la directrice de la promotion des produits agricoles au ministère de l’Agriculture et du Développement rural, Hanane Labiadh.

S’exprimant en marge de la tenue de trois ateliers de sensibilisation et de formation sur les fondements et principes de l’agriculture biologique, organisés par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, au siège de la Chambre nationale de l’agriculture (CNA), dans le cadre du programme facilité d’appui aux priorités de partenariat Algérie-Union européenne (FAPP), Labiadh a, en effet, relevé que «les conditions favorables au développement d’une agriculture biologique et surtout durables sont disponibles», précisant que la rencontre en question avait justement pour objectif de mettre en place les soubassements d’un tel modèle, en particulier «l’élaboration d’une plateforme du cadre juridique et réglementaire». Un cadre juridique qui servira de base pour un projet de jumelage avec l’Union européenne dans ce domaine, programmé pour 2025.

Selon les intervenants, «la conversion à l’agriculture biologique correspond à la phase de transition entre un mode de production en agriculture conventionnelle et celui en agriculture biologique». Pour préparer ce passage, trois ateliers de réflexion ont été organisés, avec la participation des cadres des instituts d’agronomie, des associations versées dans l’agriculture biologique, des chercheurs en agronomie, outre des cadres du ministère du Commerce et de la Promotion des exportations et des représentants de l’Organisme algérien d’accréditation (Algerac). Les ateliers se pencheront sur trois thématiques essentielles.

Faciliter l’accès des produits agricoles aux marchés européens

Il s’agit, en premier lieu, de la certification devant permettre de créer un organisme national certificateur AB (agriculture biologique) pour faciliter l’accès des produits agricoles aux marchés européens. En deuxième lieu, des semences, plants et engrais en AB pour établir le cadre relatif à la production biologique et l’étiquetage. En troisième lieu,  la conversion à l’agriculture biologique et le compostage, permettant d’établir les modalités de transition du mode de production en agriculture conventionnelle vers l’agriculture biologique. Il s’agit également de trouver un cadre à travers lequel les déchets organiques, d’origine végétale ou animale, sont valorisés en AB. L’agriculture biologique a quatre principes de base: l’écologie, l’économie, la société et la santé.

Selon la représentante du ministère de l’Agriculture, «cette réunion intervient après deux précédentes organisées dans le cadre du programme FAPP. La première a eu lieu à Biskra, organisée avec les associations détentrices du label Ige-AO (indicateur géographique-appellation d’origine). La seconde à Alger, ayant permis l’élaboration de cahiers des charges référentiels de cinq produits agricoles, à savoir la viande rouge, l’huile d’olive, le safran, les dattes et le couscous. La représentante de l’Union européenne en Algérie, Sabra Salhi a, pour sa part, insisté sur cette phase permettant l’élaboration et la mise en œuvre d’un cadre juridique et réglementaire dédié à l’agriculture biologique en Algérie. Pour elle, c’est le début de la promotion de l’agriculture bio, pouvant développer considérablement le secteur des exportations. A l’issue de cette journée de travail, des recommandations favorables au développement de l’agriculture biologique seront retenues.

Samira Azzegag

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