Université : Un projet pour accueillir des étudiants étrangers

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a préparé un avant projet de loi portant ouverture des universités algériennes aux étudiants étrangers. Ce texte est actuellement au niveau du secrétariat général du gouvernement.

« Le nouveau texte en question permet aux universités de recevoir des étudiants étrangers qui viendront payer leurs études. Ainsi, nos établissements vont pouvoir avoir des recettes financières », a précisé, ce mercredi sur les ondes de la radio nationale, le directeur général de la recherche scientifique au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, le Pr Mohamed Bouhicha, avant de rappeler que l’accueil des étudiants étrangers qui suivent actuellement leur cursus universitaire en Algérie s’inscrit dans le cadre des accords de coopération bilatérale signés notamment avec les pays voisins.

«Il est temps que nos universités ouvrent leurs portes aux étudiants étrangers et s’engagent dans cette démarche, surtout qu’une bonne partie dispense leurs cours en anglais», a-t-il ajouté. Pour ce faire, les universités doivent avoir de la visibilité sur la scène internationale, en se conformant aux normes internationales, notamment en termes de recherche et de publication, afin d’améliorer leur classement et leur attractivité. Dans ce sillage, il a fait savoir que des avancées considérables sont réalisées, soulignant qu’un bond qualitatif a été enregistré avec le classement de 23 universités algériennes en 2024, contre 13 en 2023.

«Cela démontre l’effort consenti par les universités algériennes à travers la mise en place de la commission de visibilité mise en place par le ministère et qui a porté ses fruits», a-t-il souligné,  espérant que les universités algériennes brilleront lors des prochains classements attendus au mois de juillet et septembre prochains. En attendant, les chercheurs et les enseignants devraient se mettre à la langue de Shakespeare pour une meilleure vulgarisation et visibilité de leurs publications au niveau de la sphère universitaire internationale. «La compétitivité et la visibilité des publications ont une répercussion directe sur la position aussi bien des universitaires que des chercheurs», a  relevé le Pr. Bouchicha, mettant l’accent sur le travail de sensibilisation effectué pour inciter les chercheurs à produire plus de publications.

Rémunérer les enseignants publiés

Et même si des progrès sont enregistrés ces trois dernières années, la filière des sciences sociales et humaines reste le maillon faible, d’après le responsable, notant que cette filière représente 3% des publications scientifiques dont seulement 2% sont visibles. Pour donner plus de visibilité à ce volet, le DG a mis en avant l’impératif de créer un écosystème au travers de la mise en place de mesures incitatives à la publication scientifique. «Les enseignants qui publient dans des revues de renommée mondiale doivent être rétribués. C’est ce qui se fait dans d’autres pays, à l’image de l’Arabie saoudite, la Chine ou la Russie ce qui leur d’émerger  en matière de classement», a-t-il plaidé.

Il a fait savoir qu’un décret est proposé, depuis deux années, portant sur cet aspect. «Il est au niveau du secrétariat général du gouvernement. Il faut que nous arrivions à rétribuer l’excellence et que les chercheurs soient rémunérés à juste titre. Nous avons proposé dans le domaine des sciences et de la technologique de rétribuer les enseignants qui publient dans la catégorie A+. Pour les sciences sociales et humaines, à défaut de publications dans cette catégorie, nous avons proposé de valoriser ceux qui publient dans le rang B et de rétribuer les enseignants qui publient dans des revues qui permettent de figurer dans les classements mondiaux de renommée», a-t-il insisté, faisant remarquer que le nombre de publications reste faible ne dépassant pas les 200 depuis l’indépendance. Evoquant le financement de la recherche scientifique, le professeur a révélé qu’un budget de 56 milliards DA est alloué à cet effet pour la période 2020-2024.

Wassila Ould Hamouda

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