Dessalement d’eau de mer : Pérenniser les usines par le contrôle et la maintenance

La maintenance revêt une importance capitale pour assurer la fiabilité et la longévité des usines de dessalement d’eau de mer. Négliger cet aspect induit inexorablement une dégradation prématurée des infrastructures, des perturbations de la production d’eau potable, voire une détérioration de sa qualité en cas de défaillance.

Intervenant lors de la 2ème journée du congrès international de l’énergie et des procédés industriels  (ICEIPE’24) organisé  à Alger, par le laboratoire de valorisation et recyclage de la matière pour le développement durable (VRMDD), de l’USTHB, le Dr Abdelkader Gaïd a d’abord dressé un état des lieux du dessalement d’eau de mer, essentiel pour l’approvisionnement en eau dans les régions arides. Il a souligné à ce propos les progrès réalisés par l’Algérie, avec 24 stations réalisées en quelques années seulement.  Dans le pourtour méditerranéen, l’expert a fait savoir que les capacités de dessalement d’eau de mer des principaux pays de la région dépassent les 2 millions de m3/jour, produits en Espagne, en Algérie et en Libye.

Les trois grandes technologies utilisées

Les trois grandes technologies utilisées sont celles de l’osmose inverse pour des capacités allant de 1 000 à 500 000 m3/jour, la distillation flash jusqu’à 2,5 millions de m3/jour, et la distillation à effets multiples jusqu’à 500 000 m3/jour, a-t-il précisé. Cependant, bien que la construction des usines de dessalement soit relativement simple, la maitrise de leur exploitation et leur  maintenance n’est pas tout aussi facile. L’expert a insisté, à cet effet, sur la nécessité d’un contrôle rigoureux de la qualité de l’eau dessalée produite pour un approvisionnement sûr en eau de qualité. Selon lui, le premier défi opérationnel réside dans le nettoyage régulier des prises d’eau pour éviter les engorgements.

« Une chloration choc à doses élevées de 2 à 10 mg/l permet d’éliminer les salissures biologiques », a expliqué l’expert. Chaque étape du dessalement par osmose inverse requiert aussi une maintenance minutieuse. Il a indiqué que le processus de dessalement par osmose inverse nécessite notamment un entretien minutieux des membranes, éléments clés et onéreux. Selon lui, le remplacement d’une membrane d’ultrafiltration (UF) pour le prétraitement peut ainsi coûter jusqu’à 1000 euros pièce. Les membranes d’osmose inverse (OI) utilisées pour l’étape de dessalement proprement dite représentent également un investissement conséquent à rentabiliser sur le long terme.

Un programme rigoureux d’entretien

L’expert a mis en garde, par ailleurs contre le risque préoccupant des « blooms algaux », ces proliférations massives d’algues causant de sérieux dommages techniques aux installations. Bien qu’encore peu présents sur les côtes algériennes, « ces phénomènes pourraient s’amplifier avec le changement climatique »,a-t-il averti. Et de préciser qu’une combinaison de traitements UV, de chloration et de filtration renforcée s’impose alors pour y faire face.

Pour lui, malgré l’essor récent du dessalement en Algérie, « le défi reste l’exploitation pérenne avec une maintenance irréprochable et des contrôles de qualité stricts pour sécuriser l’approvisionnement durable en eau potable ». C’est pourquoi un programme rigoureux d’entretien préventif, de nettoyages périodiques, de remplacements des pièces d’usure et de contrôles approfondis s’impose afin d’optimiser les rendements, de prévenir les pannes et d’étendre la durée de vie des équipements. L’expert a recommandé ainsi la mise en place de « procédures strictes de contrôle qualité à chaque étape » afin de garantir une eau dessalée conforme aux normes sanitaires. « Seul un suivi de qualité irréprochable permet de certifier la salubrité de l’eau distribuée à la population et d’anticiper tout risque environnemental », a-t-il conclu.

Lyes Mechti

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