Accréditation des laboratoires et centres de recherche

Des enjeux économique colossaux de l’accréditation des laboratoires et centres de recherche sont démontrés lors de la journée académique organisée mercredi à Bejaia.

Le Centre de Recherche en Technologies Agro-Alimentaires (CRTAA) et l’Association Algérienne des Laboratoires d’Analyse et de Contrôle de la Qualité des Aliments et des Emballages Alimentaires organisent une Journée académique et médiatique consacrée à l’accréditation des centres de recherche et des laboratoires d’essais et d’analyse.

ISO/CEI 17025 garantit la compétence technique des laboratoires

Cet événement qui s’est tenu au niveau de la maison de la culture s’est notamment penché sur les enjeux stratégiques de l’accréditation ISO/CEI 17025, un standard garantissant la compétence technique des laboratoires, la fiabilité des résultats d’analyse et leur reconnaissance internationale. L’accréditation des laboratoires joue un rôle crucial dans l’économie nationale et la protection des consommateurs, souligne ainsi Directeur du CRTAA, Khodir Madani, qui rappelle également que  c’est la première fois qu’un réseau de laboratoires privés à l’échelle national s’associe avec un centre public de recherche pour parler de l’accréditation et de sa portée.

«L’Algérie produit pour près de 35 milliards de dollars en produits agricoles qui connaissent des difficultés de commercialisation. Pour écouler cette production, autant sur le marché national qu’international, il faut certifier, labelliser, homologuer les produits, et cela passe par l’accréditation», explique-t-il. Et de rappeler qu’accréditer veut dire que la valeur mesurée en Algérie ou dans n’importe quel point du monde est identique.

«Nous avons convié ALGERAC pour regarder les possibilités d’accréditation de ces laboratoires et centres de recherche, mais surtout comment créer le premier réseau des laboratoires et centres de recherche accrédités en Algérie pour satisfaire un des besoins importants de la sécurité alimentaire, qui est la qualité et les normes des aliments », précise-t-il. Le CRTAA a pour vocation de promouvoir toutes les technologies agroalimentaires en termes de nouveaux produits et nouveaux process, mais aussi d’envisager les possibilités de transformation et la récupération des déchets alimentaires.

Certifier les huiles d’olive

A titre d’exemple, le centre va demander l’accréditation des paramètres pour certifier les huiles d’olive que l’Algérie produit en grandes quantités mais qu’elle n’arrive pas à exporter parce que la certification se fait par des organismes étrangers. «Nous allons être le premier organisme accrédité qui certifiera ces huiles algériennes. Ce sera le premier produit, mais l’objectif est de toucher tous les produits agroalimentaires et de l’agriculture. Il faut savoir que ce marché, au niveau national, peut s’élever entre 500 millions et 1 milliard de dollars», indique le responsable.

De son côté, Directrice générale d’ALGERAC, Mme Boulsnane Wafa, rappelle que cet organisme a pour mission l’accréditation des organismes en charge de l’évaluation de la conformité, parmi lesquels on trouve les laboratoires d’essais, d’étalonnage, d’analyses de biologie médicale, les organismes d’inspection et les organismes de certification. «Concernant la thématique d’aujourd’hui, elle est dédiée spécialement aux laboratoires de contrôle qualité dans le domaine agroalimentaire, qui est un domaine très sensible parce qu’il touche directement la santé du citoyen», note-t-elle.

«L’objectif de cette journée est de débattre avec l’association des laboratoires de qualité et le centre de recherche en technologies agroalimentaire pour tracer une feuille de route et recenser les laboratoires qui peuvent aller rapidement dans cette démarche d’accréditation et trouver ensemble des solutions à des obstacles qu’ils rencontrent dans leur démarche d’accréditation», explique Mme Boulsnane . «Pour les différents producteurs, l’avantage est qu’ils pourront s’appuyer sur ces laboratoires pour obtenir des analyses fiables de leurs produits et dans le cas d’une exportation, il faut savoir que parmi les documents exigés figure l’attestation de contrôle des produits à exporter, fournie par un laboratoire qui, lorsqu’il est accrédité, dispose d’une reconnaissance internationale en la matière», poursuit-elle.

Partenariat avec l’Université

Pour sa part, la sous-directrice du développement technologique et du partenariat au niveau de la Direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique (DGRSDT), le Dr Soraya Mokdad, a rappelé que l’une de ses missions est de créer des mécanismes et des passerelles entre la recherche et le milieu socio-économique. «Pour cela, parmi les mécanismes que nous comptons développer et qui s’imposent avec acuité, c’est l’accréditation. Pour tout ce qui est transformation des projets innovants et des produits de la recherche, on a besoin de l’accréditation pour se mettre au même diapason avec les besoins du milieu socio-économique», note-t-il.

La stratégie de DGRSDT s’inscrit dans cette optique, surtout que l’université et la recherche sont devenues un acteur effectif dans le développement économique. Pour ce qui est des laboratoires accrédités, dans notre démarche nous avons commencé avec les centres de recherche. La majorité des centres sous tutelle du MESRS ont bénéficié d’accréditation notamment de la 17025, parmi lesquels je peux citer le CDER, CRAPC, CRTI, CRTSE, et prochainement le CRTA sera un laboratoire de référence en termes de comparaison inter-laboratoires.

La journée s’est clôturée par la signature de conventions entre les différentes institutions présentes: ALGERAC, DGRSDT, CACQE (Centre Algérien de Contrôle et de la Qualité et de l’Emballage), Ministère du Commerce, compagnies d’assurances, laboratoires de contrôle de qualité publics et privés, et centres de recherche. Ces accords visent à renforcer entre eux la coopération, faciliter le transfert de compétences et la mutualisation des moyens analytiques.

O. Mouterfi

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