Gaz naturel, montée en puissance des exportations algériennes

Pour le gaz naturel, une montée en puissance des exportations algériennes est confirmée selon les données de la plateforme «Al Taqa».

L’Algérie confirme, mois après mois, sa volonté d’affirmer son rôle de pilier sur l’échiquier énergétique
mondial, en particulier sur le marché du gaz naturel. Au mois de mars dernier, l’Algérie a enregistré une progression remar­quable de ses exporta­tions de gaz naturel vers les pays de l’Union eu­ropéenne, avec une hausse de 13% par rap­port à la même période de l’année précédente.

Efforts soutenus pour augmenter la produc­tion nationale

Selon les données de la plateforme américaine spécialisée «Al Taqa», cette performance reflète le dynamisme marqué par des efforts soutenus pour augmenter la produc­tion nationale et optimiser les capa­cités d’exportation, à un moment où l’Europe cherche activement à diver­sifier ses sources d’approvisionnement en énergie, notamment après la réduction significative des livraisons russes consécutive à l’expiration de l’accord de transit via l’Ukraine à la fin de 2024.

Les gazoducs Transmed, reliant l’Algérie à l’Italie via la Tu­nisie, et Medgaz, connectant directe­ment le pays à l’Espagne, ont joué un rôle central dans cette montée en puissance. Les flux vers l’Italie ont crû de 13% en mars 2025, tandis que ceux à destination de l’Espagne ont progressé de 12% à la même période.

L’Italie demeure ainsi le principal client du gaz algérien, absorbant jusqu’à 62,6 millions de mètres cubes par jour, soit une hausse de 3,5% par rapport à janvier 2025, tandis que l’Espagne maintient un volume stable de 30 millions de m³ quo­tidiens. En mars 2025, les exporta­tions algériennes de gaz vers l’Espagne ont atteint 9,51 térawatt-heure (TWh), contre 8,71 TWh un an plus tôt, permettant à l’Algérie de re­prendre la tête du classement des fournisseurs de la péninsule ibérique, avec une part de marché de 33,4%.

92,6 millions de m³ de gaz exporté par jour

Cette performance est d’autant plus notable que la demande espagnole de gaz a bondi de 39% en mars, totalisant 36,53 TWh, contre 26,32 TWh en février. Au niveau continental, l’Algérie s’est imposée comme le 2e fournisseur de gaz naturel par pipeline vers l’Union européenne, derrière la Norvège, devançant, dé­sormais, la Russie. En février 2025, le pays a exporté 92,6 millions de mètres cubes de gaz par jour, contre 52,5 millions pour la Russie et 137,5 millions pour la Norvège.

Cette po­sition stratégique s’explique par la fiabilité des infrastructures nos na­tionales, la régularité des livraisons et la compétitivité du gaz acheminé par pipeline qui offre des coûts lo­gistiques réduits par rapport au gaz naturel liquéfié (GNL). En 2023 déjà, l’Algérie avait fourni 19% du gaz na­turel exporté par gazoduc vers l’UE, se classant juste derrière la Norvège (54%) et devant la Russie (17%), avec une moyenne mensuelle de 2,41 milliards de mètres cubes expédiés vers l’Europe.

Capacité de l’Algérie à tirer profit du contexte géopolitique

L’augmentation des exportations algériennes contraste fortement avec la tendance générale observée au sein de l’Union euro­péenne, où les importations de gaz par pipeline ont reculé de 10% sur un an, passant de 40 à 36 milliards de mètres cubes entre janvier et mars 2025, avec une contraction de 11% rien qu’en mars. Cette capacité de l’Algérie à tirer profit du contexte géopolitique et à répondre à la de­mande croissante européenne té­moigne d’une stratégie volontariste, portée par le groupe Sonatrach et sou­tenue par des investissements conti­nus dans la modernisation des instal­lations et l’optimisation des capacités de production.

L’Italie, moteur de cette dynamique, a vu sa demande de gaz augmenter de 16% en février 2025 par rapport à l’année précé­dente, atteignant 7,4 milliards de mètres cubes, portée principalement par le secteur résidentiel (+11%) et des températures hivernales plus basses que la moyenne. Les importa­tions italiennes de gaz algérien ont progressé de 31% sur les 2 pre­miers mois de l’année, tandis que les volumes en provenance de Libye se sont effondrés de 75%.

1,3 milliard d’euros de revenus au 1e trimestre 2025

Cette évolu­tion confirme la place centrale de notre pays dans le mix énergétique italien et, plus largement, européen. Sur le plan financier, l’Algérie a gé­néré 1,3 milliard d’euros de revenus issus de ses exportations de gaz au 1e trimestre 2025, se classant parmi les 3 premiers fournisseurs du continent, derrière les États Unis (2,25 milliards d’euros) et la Russie (1,9 milliard d’euros). Ce chiffre re­flète la résilience du secteur gazier national face à la concurrence crois­sante, notamment des exportateurs américains, et souligne l’importance des recettes gazières pour l’économie du pays.

Dans ce contexte, l’Algérie poursuit ses efforts pour renforcer sa position sur le marché international du gaz, misant sur l’augmentation de la production, la fiabilisation des in­frastructures et la diversification de ses débouchés. Les perspectives res­tent favorables pour 2025, alors que la demande européenne de gaz de­meure soutenue et que les prix sur le marché ont atteint 50 dollars le kWh, soit une hausse de 15 dollars par rap­port à 2024, renforçant la compétiti­vité du gaz algérien.

Lyes Mechti

 

 

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