Commandant Nassim Barnaoui, sous-directeur de l’information et des statistiques à la DGPC
«La Protection civile mobilise 20.000 agents d’intervention»

Commandant Nassim Barnaoui, sous-directeur de l’information et des statistiques à la DGPC, affirme que «la Protection civile mobilise 20.000 agents d’intervention».
La Direction générale de la Protection civile (DGPC) a mis en œuvre un plan d’action de lutte contre les incendies durant la saison estivale 2025. Un plan basé sur l’action proactive, par le déploiement de 20.000 agents et l’augmentation du nombre de détachements régionaux mais aussi le renforcement des moyens aériens et terrestres. Dans cet entretien, le commandant Nassim Barnaoui énumère les principaux axes de cette feuille de route qui avait donné satisfaction, l’année dernière, en réduisant énormément le nombre de foyers de feux et les dégâts engendrés.
Entretien réalisé par Karima Dehiles
L’Algérie a considérablement renforcé ses moyens aériens pour lutter contre les feux de forêt. Pouvez-vous nous en dire plus ?
La stratégie nationale de lutte contre les feux de forêt mobilise divers moyens matériels, notamment aériens. Nous disposons des 12 bombardiers AT-802 qui sont très efficaces du fait de leur maniabilité et la rapidité de leur remplissage qui se fait en quelques minutes. Nous comptons également 2 avions Beriev Be-200 et des hélicoptères de l’Armée nationale populaire. Ces avions sont capables de transporter
12.000 litres d’eau. Il est à rappeler que l’ANP est partie prenante dans les opérations d’extinction des feux et fournit du matériel et des hommes pour porter main forte à la Protection civile. Des drones sont aussi des appareils importants surtout en termes de surveillance et d’anticipation de détection des foyers d’incendies.
La protection civile a acquis 6 hélicoptères Agusta-Westland AW139utilisés pour les opérations de coordination, la reconnaissance, le sauvetage et l’extinction des feux de forêt. Pour le déploiement de ces moyens aériens pour une meilleure efficacité et rapidité dans l’intervention, certains sont stationnés dans les aéroports d’Annaba, Jijel et Bejaïa. En revanche, 20 pistes d’atterrissage ont été aménagées pour accueillir ces avions, notamment dans les wilayas à haut risque d’incendie comme Tizi Ouzou, Bouira, Khenchela, Souk Ahras. Autrement dit, les régions qui recèlent un couvert végétal dense, entre autres le centre et l’est du pays sans toutefois négliger l’ouest.
Le remplissage se fera sur les pistes avec des camions citernes. L’ouverture de ces pistes d’atterrissage participe à une rapide intervention et l’économie d’énergie en évitant le déplacement d’une wilaya à l’autre. Concernant les détachements mobiles de renfort, ils sont actuellement au nombre de 6 et nous prévoyons d’atteindre 8 prochainement. Cela permet de mobiliser ses structures dans un laps de temps réduit et de laisser les colonnes mobiles dans les wilayas sans les déplacer. S’agissant des moyens terrestres, la DGPC a renforcé son parc par de nombreux véhicules d’intervention.
Qu’en est-il de la préparation des agents de la Protection civile ?
Chaque année, une promotion d’officiers et d’agents termine sa formation et vient renforcer les rangs de la Protection civile. Pour la lutte contre les feux de forêt, la DGPC a déployé près de 20.000 agents. Ces derniers sont en constante formation et entraînement à travers des exercices de simulation avec d’autres partenaires comme la DGF et la Gendarmerie nationale. De fait, nos équipes sont prêtes à intervenir sur tout le territoire national. Des agents sont également affectés à la surveillance des plages et des baignades. D’ailleurs, deux exercices de simulation sont en préparation à Skikda et Jijel où des équipes spécialisées seront présentes.
Au niveau local, chaque Direction de wilaya a son propre programme de préparation et de formation continue. La Protection civile a accumulé une riche et longue expérience sur le terrain concernant tous les types d’interventions. En somme, la mobilisation et la réponse rapide et efficace restent les deux facteurs importants sur lesquels nous travaillons le long de l’année sans interruption. En été, il y a la saison des moissons-battages où des incendies de récolte se déclenchent à cause des canicules ou d’une petite étincelle. Des agents accompagnent donc les agriculteurs pour protéger leurs productions en céréales ou autres cultures.
Quelles sont les régions vulnérables par rapport aux incendies de forêt ?
Le Centre, Centre-Est et l’Est sont à haut risque d’incendie. De fait, des colonnes mobiles ont été installées dans les wilayas de Tizi Ouzou, Bejaïa et Bouira pour renforcer la présence des agents et du matériel pour une réactivité rapide. Nous avons aussi l’est qui a un patrimoine sylvestre important. Pour analyser la situation et en tirer des conclusions pour une stratégie opérationnelle de lutte, nous comptons sur l’agence spatiale algérienne qui nous fournit des données détaillées sur les zones à risque, les superficies brûlées mais aussi les moyens à mettre en œuvre, notamment aériens. Tout cela est étudié et l’intervention est bien rodée.
La sensibilisation et la prévention sont des outils de lutte contre les feux. Un commentaire…
Le plan stratégique de prévention et de lutte contre les incendies a été lancé dès le mois de février dernier, à travers des campagnes de sensibilisation auxquelles ont participé les différents acteurs dans le domaine et les différentes catégories de la société. Ces campagnes ont ciblé les agriculteurs, les riverains des forêts, les écoles, les mosquées, et les lieux de proximité en plus de l’organisation de caravanes de prévention.
K.D.