1ère journée internationale de neuro-ophtalmologie: Appel à la création d’un club à l’échelle nationale

À l’issue des travaux de la 1ère journée internationale de neuro-ophtalmologie organisée par le CHU Nedir Mohamed de Tizi-Ouzou, les participants ont tous été unanimes pour la création et la mise en place d’un club de neuro-ophtalmologie à l’échelle nationale, mais aussi au niveau maghrébin et africain. Et ce, pour une meilleure prise en charge des pathologies liées à l’œil et au cerveau.

« La création de ce club répond à l’exigence d’une approche multidisciplinaire dans la prise en charge de certaines pathologies de l’œil et du cerveau, notamment », nous dira le professeur (Pr) Smail, neurologue et coordinateur de la rencontre. Et ce, avant de développer son idée : « La transversalité et la mutualité dans la prise en charge des malades est plus qu’obligatoire. » D’où cette nécessité de la création de ces comités mixtes et de la mise en place de cette transversalité interdisciplinaire neuro-ophtalmologie auxquelles il faudra ajouter celle de la radiologie, à travers l’IRM et le scanner, nécessaire pour le diagnostic ainsi que la neurochirurgie pour les besoins d’une éventuelle intervention.

Améliorer la prise en charge des patients

Il justifie son approche en mettant en avant que « la mise en place d’une unité de cette sous-spécialité qui existe dans les pays dits avancés, mais à l’état embryonnaire chez nous, permettra l’amélioration de la prise en charge du patient, qui a un coût tant pour les pouvoirs publics que pour le patient lui-même ». Ce dernier n’aura plus à se rendre de services en services pour parvenir au diagnostic et se faire soigner. Le coordinateur de la rencontre a souligné que « la Société algérienne de neurologie et de neurophysiologie clinique (SANNC) et à travers son comité des maladies inflammatoires, s’est proposée de créer cette coordination et de la lancer officiellement à travers cette journée de neuro-ophtalmologie ». « Outre la prise en charge des patients, la mise en place de comités mixtes de neuro-ophtalmologie prendra aussi en l’enseignement et la formation des praticiens par une approche didactique plus fusionnelle entre les spécialités, par l’organisation de stages de formation des résidents de neurologie dans le service d’ophtalmologie et inversement. » Et pour cela, cela reste un vœu pieu de créer réellement cette sous-spécialité (neuro-ophtalmologie) dans notre pays avec son statut de plein droit. Et pour finir sur la question, « l’œil et le cerveau sont indissociables et nous pensons que grâce à la collaboration de tous, nous arriverons à créer et à lancer cette spécialité qui existe depuis une quinzaine d’années dans quelques pays d’Europe et d’Amérique ». Et de conclure enfin : « L’utilité de cette approche est plus que vitale pour nos patients, mais aussi capitale pour nos futurs ophtalmo-neurochirurgiens. » Des propos étayés par les professeurs Djabour, chef de service d’ophtalmologie du CHU Maillot de Bab El Oued et Ait Bachir, chef de service de neurochirurgie au CHU Nédir de Tizi-Ouzou. Pour le premier, « cette approche est devenue plus que nécessaire dans la prise en charge de cette nouvelle discipline si l’on peut la qualifier ainsi, surtout que le pays dispose suffisamment de services et de patriciens dans les spécialités concernées, mais aussi de moyens ». Pour lui, il suffit « de cordonner et de mutualiser tous les efforts de tous les spécialistes pour parvenir rapidement à un diagnostic pour une prise en charge avec célérité de la pathologie et permettre au patient d’être soulagé ». Et pour finir, il suggère même « la création d’un module de neuro-ophtalmologie qui sera enseigné et dispensé dans nos facultés de médecine ». Quant au second, « en plus des spécialités énumérées, il serait aussi bon d’associer un diététicien lorsqu’on sait que cette pathologie concerne souvent les sujets jeunes souffrant d’obésité pour la mise en place d’un régime alimentaire qui aidera le patient à perdre du poids et favorisera un traitement rapide ». Il suggère enfin la création d’un club au double niveau maghrébin et méditerranéen. Un souhait exhaussé par le Pr Daoudi qui a rappelé que « la création de ce club de neuro-ophtalmologie en Algérie est une première au Maghreb ». À propos du Maghreb, il y a lieu de noter la présence lors de cette rencontre du Pr Riadh Gouider, chef de service de neurochirurgie à l’hôpital Razi La Manouba de Tunis, tout en remerciant les organisateurs. Cette rencontre a qualifié cette dernière « de grande qualité scientifique avec des communications de haut niveau au cours desquelles nous avons beaucoup appris. » J’espère que cela débouchera rapidement sur la création de ce club maghrébin pour des échanges d’expériences entre praticiens des pays qui constituent un sous-continent. Par la participation présentielle des professeurs Gouider mais aussi de l’Iranien M.A Sahraiene et en visioconférence des professeurs Petzgold de Hollande et de Labauge de France, cette rencontre a eu un impact et un caractère internationaux aux côtés de spécialistes nationaux venus d’Oran, Sétif, Tizi-Ouzou, Constantine, Annaba, Oran, Cherchel et Blida.

Rachid Hammoutène

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