Houria Aït Sidhoum-Taleb, enseignante chercheure à l’université de Bejaïa: «Un vecteur de promotion touristique» 

Le Dr Houria Aït Sidhoum-Taleb, enseignante  au département d’économie de l’université Abderrahmane-Mira, est aussi spécialiste du développement local. Elle évoque, dans cet entretien, les  conditions d’essor  du  tourisme domestique et ses retombées positives.

Entretien réalisé par S. Belabed 

La formule du logement chez l’habitant peut-elle  booster le tourisme domestique?

La formule est importante, surtout dans les villages et les zones montagneuses ou beaucoup de maisons ne sont pas habitées. La plupart d’entre elles sont bien construites car  leurs propriétaires sont des émigrés ou  des gens aisés. Tout l’intérêt est  de voir comment rentabiliser cet investissement, surtout avec la nouvelle dynamique enregistrée depuis la crise de la Covid-19. Les maisons d’hôtes jouent un rôle clé dans la promotion d’un tourisme plus responsable, authentique et bénéfique pour les communautés locales et  contribuent au  développement durable. La  formule permet aux touristes de vivre une expérience authentique en s’immergeant dans la culture locale. En séjournant chez l’habitant, le  visiteur a l’occasion de découvrir les traditions, la cuisine locale et des modes de vie authentiques.

Que faut-il faire pour convaincre les  propriétaires d’ouvrir leurs maisons aux touristes ?  

Dans un premier temps, la tâche n’est pas facile.Cela requiert un travail de sensibilisation pour les convaincre. Il y a lieu de créer des associations et des cellules pour identifier ces maisons qui peuvent  pallier le manque d’infrastructures hôtelières et  mettre en avant les avantages économiques et les revenus que la  formule peut générer.

Que peut apporter le  tourisme domestique et  l’ouverture de maisons d’hôtes ?  

Construire un hôtel dans un village n’est pas rentable, d’où l’importance d’exploiter les maisons vides. Cette formule peut aussi protéger le patrimoine architectural local, puisque le touriste recherche le calme et une vie de campagne. L’Algérie a l’avantage d’avoir de très beaux villages qui conservent leur aspect architectural original, leurs modes de vie et leur gastronomie. Nous avons des capacités importantes dans le tourisme culturel et religieux,  des traditions et des rituels liés à la célébration d’événements, telles les fêtes du Mawlid, Achoura, Yennayer, la fête du bijou…

Les agences de voyages ont un rôle majeur dans la promotion de la destination Algérie.Malheureusement, nous avons des sites abandonnés alors qu’ils peuvent accueillir des touristes nationaux et étrangers, comme le village de Ighil Ali dans la wilaya de Bejaïa. Il est temps pour les pouvoirs publics de mettre en place une politique pour protéger ces endroits  et  fournir les moyens nécessaires. Le tourisme local, l’économie verte et l’artisanat sont l’avenir de l’économie algérienne et le seul moyen de sortir de la dépendance aux hydrocarbures.

La mise en valeur du patrimoine traditionnel attire les visiteurs et stimule le tourisme culturel. Les artisans peuvent aussi devenir des ambassadeurs de notre  culture en présentant leurs créations qui peuvent générer  des revenus et  faire prendre conscience de la   richesse culturelle d’une région ou d’un pays.

S.B.

 

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