Le président de la Chambre d’agriculture de la wilaya de Constantine :« Prendre en considération chaque mètre carré et chaque litre d’eau »

 

Entretien réalisé par Amokrane H

 

Le président de la Chambre d’agriculture de la wilaya de Constantine, Mehmoud Benelbedjaoui, met en avant les mesures prises par l’État ces dernières années en faveur d’une agriculture nationale productive et durable. Il a, notamment, noté la décision « historique » du président de la République relative à  l’aide conséquente apportée aux agriculteurs céréaliers en matière de semences et d’engrais fournis gratuitement durant cette campagne afin de compenser les pertes en termes de production céréalière de l’année dernière. « Si cette opération n’avait pas eu lieu, on aurait eu vraiment des difficultés de voir les agriculteurs emblaver les surfaces voulues ». Aujourd’hui, la campagne labours-semailles se déroule dans de bonnes conditions grâce aux mesures décidées par le président de la République. On peut même avancer qu’elle est sauvée dans une certaine mesure par rapport aux difficultés constatées l’année dernière. Il a rappelé que d’autres mesures aussi importantes les unes que les autres sont en place depuis des années, citant, entre autres, le crédit R’FIG, un « acquis considérable à rendre encore plus fluide », les subventions en matière d’engrais azotés qui sont le « pivot de la production végétale, notamment céréalière ». À cela s’ajoutent toutes les « incitations directes et indirectes » en matière de semences de céréales et de légumes secs. « Ce sont des mesures tangibles et concrètes ». Il suffit juste de réfléchir sur la meilleure manière d’améliorer leur mise en œuvre opérationnelle à travers la débureaucratisation du monde d’organisation. Depuis l’avènement du Plan national de développement agricole (PNDA), l’État n’a cessé de verser des montants importants pour le développement de l’agriculture, particulièrement la filière des céréales.

Favoriser le remembrement des exploitations

Pour ce qui est du deuxième problème, la typologie des exploitations agricoles, notre interlocuteur a estimé que celui-ci limite l’évolution des nouvelles techniques, la transmission des technologies et l’introduction des équipements modernes. Il explique : « Sur la bande Nord, évaluée approximativement aux alentours de 8 millions d’hectares, la moyenne des exploitations est inférieure à 8 hectares. » Et quand les exploitations sont de petite taille, elles deviennent beaucoup plus fragiles vis-à-vis du climat, surtout pour les grandes cultures. Si c’était une culture maraîchère, par exemple, ou bien un élevage de bovins en hors-sol, le problème peut ne pas se poser, parce que ce sont des productions à forte plus-value et avec 8 hectares de maraîchage ou d’arboriculture, l’agriculteur pourrait vivre décemment et gagnerait sa vie, d’autant plus que ce sont des spéculations en irrigué. Par contre, cultiver des céréales sur de petites surfaces bloque le développement, d’où l’importance de favoriser le remembrement des exploitations à travers la mise en place d’un arsenal juridique, d’un système de financement et l’élaboration d’un cadastre. « C’est un processus qui doit être lancé sans s’attendre à des résultats immédiats ». Il s’agit de créer une restructuration des surfaces des exploitations pour leur donner plus de viabilité et surtout intégrer des techniques agricoles durables telles que la polyculture dans leurs systèmes de production, renforçant ainsi la résilience et la rentabilité de leursexploitations»a-t-ilrelevé, rappelant que la notion même de remembrement est acquise par l’État depuis bien longtemps, évoquée par la loi d’orientation agricole de 2008. Selon lui, il est temps de mettre les choses en œuvre pour relancer le système. Le développement de la filière céréalière ne doit en aucun cas occulter n’importe quelle zone ou parcelle pouvant apporter un plus. « Nous devons prendre en considération chaque mètre carré qui peut produire du blé, chaque litre d’eau qu’on peut valoriser et chaque variété qui peut produire un kilogramme de plus », a-t-il insisté. Aussi, il a estimé nécessaire et vital de privilégier l’optimisation des rotations de légumineuses. Il a expliqué que les légumes secs (lentille, pois chiche) et les oléagineuses sont souvent cultivés en rotation avec les céréales. Il a fait part de l’existence d’une marge à gagner dans le Nord en améliorant la technique et surtout les méthodes d’irrigation pour optimiser et valoriser l’eau au maximum, alors que les zones intermédiaires et les Hauts-Plateaux sont de très grandes zones de production d’orge.

 

 

A.H

 

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