Abdelhalim Raïs: L’auteur attitré de la troupe du FLN

Une journée d’étude sur le parcours du comédien Abdelhalim Raïs a été organisée, samedi dernier, à l’Institut supérieur des métiers des arts du spectacle et de l’audiovisuel (Ismas), à Alger.

Le directeur de l’institut, Mohamed Boukeras, a affirmé que le but de la  rencontre est de créer un noyau de recherches sur les œuvres d’Abdelhalim Raïs, proposé comme projet de recherche à l’Agence thématique de recherche en sciences sociales et humaines.

«La promotion des étudiants en master de l’Ismas 2023-2024 portera le nom d’Abdelhalim Raïs, né il y a 100 ans et mort en 1979», a poursuivi le directeur.

Makhlouf Boukrouh, critique dramatique et professeur à l’Université d’Alger, a mis en exergue l’importance du théâtre de résistance qu’il ne faut pas, a-t-il précisé, «réduire à la troupe du FLN qui n’a exercé que pendant quatre ans».

Selon lui, l’une des structures importantes liées au théâtre implantée par la France coloniale est le Théâtre national algérien (TNA) qui, avant 1962, vit le passage de pièces qui dénonçaient de manière indirecte le statut auquel étaient réduits les Algériens.

Abdelhalim Raïs jouait un rôle éminent au sein de la troupe du FLN dont il était l’écrivain attitré. «On lui reconnaît la paternité de cinq pièces théâtrales dont trois ont été produites.

Ecrivain et comédien, il était avant tout un ambassadeur de la cause nationale à l’étranger», a conclu Boukrouh.

Dr Ibrahim Noual, critique dramatique et professeur à l’Ismas, a mis  en avant   l’engagement politique du comédien qui a joué dans des films célèbres comme «  «Chronique des années de braise», «L’Opium et le bâton» , «Autopsie d’un complot».Des images photographiques ont révélé des moments-clés de sa vie aux côtés de Rouiched et Touri.

Selon le Dr Noual, Abdelhalim Raïs est l’auteur de trois pièces de théâtre produites avant l’indépendance que sont «Ouled El Casbah», «El Khalidoun» et «Le Serment». «Deux autres pièces n’ont malheureusement jamais été produites sur une scène nationale», a-t-il ajouté. Son style d’écriture se distingue par sa dimension politique.

Il inclut des articles de la presse coloniale  mais remplace les termes «rebelles» et «fellagas» par des expressions plus justes comme  «Moudjahidine» et «fidaiyines». Abdelhamid Rabia a présenté une lecture de la production dramatique de Raïs. «Le théâtre de Raïs est profondément enraciné dans la culture populaire et a joué un rôle essentiel dans la sensibilisation de la population et son engagement pour la cause nationale», a-t-il lancé. «Raïs, véritable icône du théâtre engagé en Algérie, a réussi à conjuguer art et politique pour susciter réflexion, engagement et mobilisation.

Minna Merrah, professeur à l’Université d’Alger 2, a abordé de son côté l’écriture dans le théâtre algérien.

Djamila Mustapha Zekkaï de l’Université de Tipasa, a évoqué  l’interaction théâtre et cinéma dans le parcours de Raïs. Amina Rahmani de l’Université de Tizi Ouzou s’est enfin penché sur la part de  la référence histoire  et de l’imaginaire dans  «Les enfants de la Casbah».

Il y a lieu de rappeler que la journée d’étude, prélude à la tenue en octobre 2024 d’un colloque national autour de l’œuvre de cette grande figure du théâtre algérien.Celui-ci sera sanctionné par la publication d’un livre d’études et d’analyses de son œuvre qui succédera à celui déjà dans les rayons des bibliothèques universitaires du regretté Salah Lembarkia qui a publié quelques textes d’Abdelhalim Raïs.

 Walid Souahi et APS

 

 

 

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