Renforcement de la sécurité des données personnelles : Actions et défis de l’ANPDP dans les secteurs ministériels

Dans le cadre de ses initiatives proactives, l’Autorité nationale de protection des données à caractère personnel (ANPDP) annonce la tenue d’une série de tables rondes visant à promouvoir la culture de la sécurité des données avec les organismes impliqués dans cette dynamique.

Ces tables rondes marquent une première phase où l’ANPDP se penchera sur la conformité des traitements de données à caractère personnel dans les différents secteurs ministériels. Cette action vise à sensibiliser sur l’importance d’une mise en œuvre rigoureuse des normes en matière de protection des données en Algérie. Ces rencontres fourniront une plateforme permettant d’explorer en profondeur les pratiques actuelles de traitement des données au sein des ministères, ainsi que les mesures à mettre en place pour garantir la conformité avec la législation en vigueur. C’est dans cette optique constructive toujours que l’ANPDP cherche à évaluer la conformité des traitements de données en se penchant sur les défis rencontrés par les ministères, les meilleures pratiques mises en œuvre et les plans d’action éventuels pour renforcer la protection des données.

L’ANPDP réaffirme, ainsi, son engagement envers la transparence et la coopération active avec les différents secteurs afin de créer un environnement propice à l’amélioration continue des pratiques de traitement des données à caractère personnel en Algérie. Rien n’exclut de voir, par ailleurs, ces tables rondes s’étendre à d’autres acteurs, y compris le secteur privé dans une approche inclusive qui vise à consacrer une certaine conformité dans la protection des données à travers tout le pays. Mustapha Maâzouz, expert international en management, souligne que «cette initiative vise à éviter l’utilisation des données à des fins autres que celles pour lesquelles elles ont été mises à disposition». Il explique que «cette démarche, qui doit toucher les administrations des différents secteurs, a pour objectif de contrer la cybercriminalité, notammentle vol et l’exploitation illicite d’informations à des fins criminelles». Maâzouz met en avant, toutefois, «le besoin d’un cadre juridique adapté, actuellement inexistant, pour traiter ces problématiques». L’intervenant qui est, également, membre de l’Ordre mondial des experts internationaux évoque, dans ce cadre, un deuxième élément crucial, à savoir «la formation des compétences en matière de protection des sites et des technologies associées, en particulier en ce qui concerne les serveurs et les données personnelles». Il soulève, dans ce sens, la question de l’existence des ressources humaines nécessaires pour assurer la protection des données contre les cyberattaques, affirmant que «le pays dispose de compétences de haut niveau».

Il reste à savoir, note-t-il, «si tous les moyens requis sont disponibles pour atteindre l’objectif escompté». En ce qui concerne les données à caractère personnel, Maâzouz met en évidence «le processus d’identification et de numérisation de tous les citoyens algériens par le biais d’un numéro d’identification national d’où l’importance d’un portail ouvert entre les différents ministères pour partager ces informations». Pour lui, «le numéro d’identification nationale est une porte d’entrée cruciale vers cette base de données», soulignant «son rôle essentiel dans la protection des informations, notamment celles liées à la santé des citoyens».

Selon Maâzouz, «les autorités compétentes doivent prendre des mesures spécifiques pour assurer la sécurité et la confidentialité des données personnelles tous secteurs confondus». Il recommande, dans ce sillage,que  «tous les serveurs et data-centers soient domiciliés en Algérie» et insiste sur «la nécessité de garantir la qualité des équipements et des personnes responsables de la protection de ces données». Il suggère, dès lors, «une coordination étroite avec les universités, les centres de technologie et les organismes de recherche pour renforcer les équipes et rester à jour avec les avancées internationales dans la lutte contre la cybercriminalité».
Assia Boucetta 

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