Forum des pays exportateurs de gaz : Le Sommet d’Alger revêt un intérêt particulier

A l’occasion de la tenue en Algérie, fin du mois en cours, du 7e Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF) le ministère de la Communication a organisé, dimanche en son siège, une conférence-débat animée par l’expert syrien Assef Molhem, directeur général  du Centre de recherches scientifiques et techniques (JSM-CSER) de Moscou.

Placée sous le thème : « le rôle de l’énergie dans la détermination des relations internationales », la conférence a vu la participation du ministre de la Communication, Mohamed Laagab, des responsables d’organes de presse publics et privés, de journalistes et du directeur général de l’Institut national d’étude de stratégie globale (INESG), Abdelaziz Medjahed.

Qualifiant le prochain Sommet du GECF d’évènement d’une grande importance, l’expert a fait observer que sa tenue dans notre pays devrait donner aux décisions qui y seront adoptées une plus grande vigueur, grâce au pouvoir de persuasion qui lui est reconnue, à son rayonnement ou à sa diplomatie active. Selon lui, il est très probable que le sommet soit couronné par l’adoption du principe d’aller, dans le futur, vers la création d’une organisation de pays exportateurs de gaz, similaire à l’Opep, afin de mieux maitriser l’évolution des prix de cette énergie sur les marchés internationaux et contribuer à leur stabilité.

« L’on s’attend à ce que la tenue de ce sommet en Algérie puisse permettre aux pays du Forum de se consulter et de discuter des problèmes liés au gaz, mais cela pourrait aussi être le début de l’élaboration d’un document de travail qui verra à l’avenir la création d’une nouvelle organisation », a-t-il indiqué. Et d’ajouter : « La rencontre d’Alger sera particulière, compte tenu de l’aura dont jouit le pays et ses relations excellentes avec les pays exportateurs et consommateurs de gaz ».

Tout en mettant en avant l’importance que revêt le gaz naturel dans les relations économiques internationales et dans la concrétisation des projets de transition énergétiques engagés par beaucoup de pays, Assef Molhem a rappelé que les différentes alliances et autres cartels régionaux se sont constitués ces dernières décennies dans le but de s’imposer sur le marché énergétique mondial. « L’Algérie, de par sa position géographique stratégique donnant accès aux marchés européens ne peut être concurrencé par aucun autre pays, même si certains pays de l’Afrique sont de grand producteurs de gaz », a assuré le conférencier. Quant à l’impact que pourrait avoir les conflits et les tensions géopolitiques actuels sur le marché de l’énergie, Molhem a appelé a ne pas « trop exagérer sur cette question » affirmant que les pays occidentaux « provoquent ces tensions et profitent de cette conjoncture pour servir leurs intérêts ». Il a estimé qu’en ce qui concerne l’Algérie et la Russie, contrairement à ce qui se dit dans certains milieux « les deux pays ne se disputent pas le marché européen, du fait qu’ils approvisionnent des régions différentes et leurs clients ne sont pas les mêmes ».

En réponse à une question sur la possibilité que certains pays exportateurs de gaz recourent à cette « arme économique », comme ce fut le cas pour les pays exportateurs de pétrole en 1973, l’expert a estimé qu’en temps de conflit, « il ne s’agit pas seulement de disposer d’une arme, mais aussi de posséder une souveraineté et une puissance politique ».

Notons par ailleurs que le ministère de la Communication a initié une série de conférences dont le thème se rapporte à la tenue du 7e sommet du GECF et à la problématique du gaz naturel.

Lyes Mechti   

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