Exportation du gaz : Sonatrach déterminée à rester le leader en Méditerranée et en Afrique

La Sonatrach sera présente, très bientôt, dans le domaine de l’exploration de gisements en Libye. C’est ce qu’a annoncé, lundi, le directeur central des ressources nouvelles au sein de la compagnie Youcef Khanfar, sur les ondes de la radio nationale.

Sonatrach sera présente au niveau des blocs 64, 65 et 75 où elle a déjà réalisé nombre de découvertes qu’elle essayera de développer. Tel au Nigervoisin, après ses  deux découvertes qu’elle tentera, dans un avenir proche, de développer. La Sonatrach, qui s’inscrit  de fait  dans la stratégie mondiale du gaz, compte renforcer ses gisements en exploitation et prévoit d’investir 50 milliards de dollars entre 2024 et 2028. Selon Khanfar, 70% de ce montant, de l’ordre de 36 milliards de dollars, seront réservés au développement de l’exploration de nouveaux gisements et au maintien de ceux en production, notamment ceux de Hassi R’mel et Hassi Messaoud.

 Dans la division exploration pétrolière, plus de 163 forages seront réalisés de  2024 à 2028 avec une moyenne de 20 à 25 forages par an. Sur les 163 forages,on recense 90 découvertes avec un taux de réussite d’environ 50%. «Il faut être optimiste. Nous sommes en train d’explorer près de 600.000 km². Pour optimiser les coûts, nous sommes restés dans les bassins matures pour pouvoir faire des découvertes intéressantes et proches des installations existantes», a-t-il expliqué.

Pour définir les capacités de ces nouveaux gisements, le recours aux technologies de pointe dédiées aux réservoirs complexes, à travers les acquisitions sismiques 3D haute définition, est impératif. L’intelligence artificielle est en train d’être introduite dans le secteur pétrolier, ce qui, selon le responsable, permettra de mieux interpréter les sismiques 3D, une technique d’investigation du sous-sol en trois dimensions, grâce à l’émission d’ondes depuis la surface, et le traitement. Dans ce sillage, la Sonatrach est en négociation avec des partenaires étrangers intéressés par le domaine minier algérien, tant dans l’exploration que dans le développement des gisements. «Les découvertes de ces cinq dernières années se situent approximativement près de Hassi R’mel et cela facilitera les raccordements», a-t-il fait remarquer.

Satisfaire d’abord la demande nationale

Khanfar a fait savoir que la moyenne de production de gaz en Algérie est de 130 milliards de mètres cubes par an. Le défi est de maintenir celle-ci jusqu’après 2030 afin de répondre à la demande du marché national et maintenir le niveau des les exportations à 50 milliards de dollars. «Notre pays est positionné comme étant le plus grand fournisseur de gaz dans le bassin méditerranéen et en Afrique. Notre objectif est de maintenir cette position à travers le développement et l’exploration pétrolière», a-t-il proclamé. Est prévue, d’ailleurs, une augmentation de la production de gaz de 4 milliards de mètres cubes en 2022 à plus de 10 milliards de mètres cubes entre 2024 et 2028.

Pour le responsable, la tâche n’est pas facile, mais avec la transformation de toutes les nouvelles découvertes en projets de développement, le défi sera relevé. «La priorité, selon lui, sera donnée au marché national où la demande augmente de 3% à 5% chaque année.» La consommation locale atteindra 60 milliards de mètres cubes à partir de 2030, d’où la nécessité de travailler sur l’augmentation de l’offre gazière. Parlant de   transition énergétique avec le lancement par la Sonelgaz du projet de 15.000 mégawatts (MW) d’énergies renouvelables à l’horizon 2035, le directeur a plaidé pour «la diversification du mix énergétique pour répondre à la demande mondiale».

Au passage, il a rappelé que la souveraineté d’un pays est étroitement liée à sa souveraineté énergétique, base de toute production. Par ailleurs, Khanfar a fait savoir que la demande mondiale de gaz reste globalement stable pour cette année. Elle sera tirée principalement par le marché de la Chine et de l’Inde et devrait baisser ou rester constante en Amérique du Nord, en Europe et en Asie du Nord. S’agissant des perspectives, la demande devrait connaître une croissance plus lente en 2026.«C’est-à-diregénéralement plus ou moins stable sur les marchés matures comme l’Europe, l’Amérique du Sud et du Nord », a-t-il soutenu.

Samira Belabed

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