Production cinématographique : Un statut officiel pour l’industrie cinématographique

Le projet de loi relatif à l’industrie cinématographique a été présenté, mardi, devant l’Assemblée Populaire Nationale (APN) par la ministre de la Culture et des Arts. Ce texte, composé de 85 articles, ambitionne de révolutionner l’industrie cinématographique algérienne en lui offrant un cadre juridique moderne et cohérent.

 « Le texte garantit la liberté de création et d’expression des artistes, tout en soulignant l’importance du respect des valeurs morales et religieuses, de la souveraineté nationale et de l’histoire de notre pays. Un équilibre délicat est à trouver entre la liberté artistique et la préservation des valeurs nationales dans les productions cinématographiques à produire dorénavant », a souligné Soraya Mouloudji, indiquant que la production de films traitant de sujets sensibles tels que la Guerre de libération, la religion ou la politique sera soumise à une autorisation préalable. « Cette mesure vise à protéger l’image du pays et à éviter les dérives», a-t-elle poursuivi. « Le projet de loi prévoit des dispositions incitatives pour les investisseurs, la création de studios et de cités cinématographiques, et le développement de la formation professionnelle. Ces mesures visent à stimuler la production cinématographique et à renforcer les capacités du secteur », fait savoir la ministre. Sur un autre plan, Mouloudji annonce la création d’une commission de visionnage des films prévue pour émettre un avis consultatif sur l’attribution du visa d’exploitation. « Une carte professionnelle et un statut juridique spécifique seront également instaurés pour les professionnels du cinéma. Ces mesures visent à professionnaliser le secteur et à garantir la qualité des productions », a-t-elle ajouté.

La ministre fait également savoir qu’une commission de médiation et d’éthique sera créée pour élaborer une charte déontologique régissant l’activité cinématographique. « Le projet de loi prévoit également des sanctions graduelles pour les manquements à la réglementation. La mise en place de ces mesures permettra de garantir un environnement de travail sain et respectueux », a-t-elle assuré.

Répondant aux questions des élus de l’APN, Mouloudji a rappelé les efforts consentis par son secteur pour rehausser le domaine de la production cinématographique nationale, notamment en terme de formation des acteurs et professionnels. « Nous avons contribué à la formation de plus de 3.000 jeunes, à travers plusieurs ateliers de formation et travaillions actuellement pour mettre sur place le projet d’une école nationale supérieure du cinéma », annonce-t-elle en fin de la cession parlementaire.

Concernant les salles de cinéma, elle fait savoir que 279 salles de cinéma, dont 87 sous tutelle du ministère de la Culture et des Arts attendent d’être réhabilitées. « Une commission chargée d’étudier les besoins de réhabilitation et de remise en état de ces salles sera mise en place, selon les directives du président de la République. Un avant projet de 12 salles de cinémas privées au niveau de 9 wilayas est également prévu », a-t-elle poursuivi.

Le projet de loi a été examiné en profondeur par la Commission de la culture, de la communication et du tourisme. « Des consultations et des auditions avec les professionnels du cinéma et les parties prenantes ont été organisées les 10 et 11 janviers derniers », assure le président de la Commission, Omar Messaoudi. L’adoption et la mise en œuvre effective de ce texte, après enrichissement et amendement, dit-il, augurent d’un avenir prometteur pour l’industrie cinématographique algérienne.

Walid Souahi

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