Complexe de MTBE: Une étape significative dans le développement de l’industrie pétrochimique en Algérie

La création par le Groupe Sonatrach d’une unité de production de « Méthyl tert-butyl éther » (MTBE), utilisée dans la production de l’essence sans plomb, représente une étape importante dans l’expansion du complexe Méthanol et dérivés, devant créer de la valeur ajoutée et réduire les dépenses en devises étrangères.
A rappeler que le P-dg de Sonatrach, Rachid Hachichi avait effectué, en janvier dernier, une visite d’inspection à la wilaya d’Oran pour s’enquérir de la cadence des travaux de réalisation de l’unité de production du MTBE, l’un des « projets stratégiques » inscrits dans le programme de développement de l’industrie pétrochimique du groupe Sonatrach.
Dans ce sillage, M. Hachichi avait insisté sur le respect des délais de réalisation compte tenu de « l’importante dimension économique du projet, à savoir atteindre l’autosuffisance et apporter une valeur ajoutée permettant
à l’Algérie d’arrêter l’importation de cette matière », selon un communiqué de Sonatrach.
En outre, le Complexe méthanol et dérivés, situé dans la zone industrielle d’Arzew, à 35 kilomètres de la ville d’Oran, est le seul à produire le méthanol (à partir du gaz naturel) sur le plan national, et le projet de réalisation de cette nouvelle unité, entamée en 2022, vise à transformer 75% du méthanol produit au niveau du Complexe en MTBE, a indiqué le directeur du Complexe, Smaïl Ould Ali, dans une déclaration à la presse en marge d’une visite guidée sur les lieux.
« Actuellement, pas moins de 92% du méthanol produit au niveau du Complexe est destiné à l’exportation », a-t-il souligné, ajoutant que le MTBE produit sera destiné à satisfaire les besoins des raffineries algériennes, qui
utilisent actuellement des produits importés.
Le Complexe méthanol et dérivés, qui s’étend sur une superficie de 27 hectares, comporte trois unités, la première produit du méthanol, d’une capacité de 100.000 tonnes par an, la deuxième produit du formaldéhyde
d’une capacité de 20.000 tonnes par an, et la troisième fabrique des résines uréiques liquides, d’une capacité de 6.000 tonnes par an, indique-t-on dans la présentation du complexe.
Fiabilisation du Complexe 
Les travaux de réalisation du Complexe méthanol et dérivés du Groupe Sonatrach ont été lancés, en 1971, et la production du méthanol a commencé, en 1976, et afin de sécuriser l’exploitation de ce dernier, une vaste
opération de fiabilisation a été lancée, en 2002, selon un plan d’investissement renouvelé tous les cinq ans, a-t-on fait savoir.
« Il s’agit d’un plan d’investissement quinquennal pour la rénovation et la mise à niveau des systèmes et des équipements », a souligné M. Ould Ali, ajoutant que la fiabilisation a atteint 98% et sa finalisation est prévue
pour le premier semestre 2025.
Pour optimiser l’exploitation, le Complexe a, par ailleurs, été équipé d’un système de contrôle de commande (TCS) et d’un système de sécurité (ESD) pour assurer la sécurité des procédés, selon le même responsable.
Outre le MTBE, le Complexe Méthanol et dérivés compte se lancer dans la transformation du méthanol pour la production de l’UFC85, un produit utilisé dans la fabrication des fertilisants.
« Le projet est dans la phase étude et le lancement de la réalisation de l’unité UFC85 est prévue pour le premier semestre 2026 », a indiqué le directeur du Complexe, notant que la production de cette unité sera destinée à satisfaire les besoins des usines en fertilisants, notamment Sorfert et AOA.
Cette future unité sera en mesure de transformer une grande partie des 25% du Méthanol restant (75% sera transformé en MTBE) et le Complexe atteindra son objectif pour la valorisation de ses produits au grand maximum.
Les initiatives du Complexe méthanol et dérivés promettent ainsi d’optimiser les ressources existantes, mais également de générer une valeur ajoutée substantielle.
En conjuguant expertise technique et vision stratégique, Sonatrach s’engage à renforcer sa position sur les marchés national et international, en répondant efficacement aux besoins croissant de l’industrie, tout en
contribuant à la diversification et à la compétitivité du secteur énergétique.
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