Zone de libre-échange algéro-mauritanienne : L’engagement algérien en Afrique

 La route Tindouf-Zouerate est perçue comme un maillon essentiel dans le réseau d’infrastructures régionales, offrant une liaison directe entre l’Algérie et la Mauritanie. Elle est conçue pour faciliter le mouvement des biens et des personnes, renforçant ainsi les échanges commerciaux et stimulant le développement économique dans la région.

Ce projet revêt une importance particulière, car il est susceptible d’ouvrir de nouvelles opportunités économiques et de consolider les relations entre les deux nations. C’est dans cette perspective que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et son homologue mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, ont conjointement procédé à l’inauguration de deux postes frontaliers fixes entre les deux nations, marquant ainsi une étape significative vers la facilitation des échanges et du commerce transfrontaliers. Il s’agit d’une démonstration manifeste de l’engagement envers le renforcement des liens bilatéraux, du renforcement de la coopération économique et la promotion de la connectivité régionale. L’impact positif de ces développements sur la dynamique régionale et le renforcement des liens commerciaux entre les deux pays ne manquera pas de laisser une empreinte significative dans l’histoire des relations algéro-mauritaniennes qui promet de catalyser le développement mutuel et la prospérité partagée. Le vice-président de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC), Moncef Bouderba, exprime sa satisfaction envers cet accord bilatéral, soulignant la nécessité de prendre en considération les besoins spécifiques des deux partenaires économiques. Bouderba qualifie la récente création de zones franches de «vitrine permettant aux deux pays d’exposer leurs produits et de favoriser les échanges commerciaux». Il met, toutefois, en avant l’«importance d’instaurer des facilités logistiques, notamment des procédures douanières flexibles, pour encourager l’entrée des produits algériens en Mauritanie à des tarifs préférentiels, conformément aux recommandations du président de la République».

Moncef Bouderba qui est également président de l’Association des producteurs et céramistes algériens souligne «le besoin de taxes douanières favorables, afin de renforcer la compétitivité des opérateurs économiques». Il insiste, dans ce sillage, «sur la nécessité d’une coopération équitable entre les Douanes algériennes et mauritaniennes pour garantir des conditions de réussite gagnant-gagnant». Il souligne, ainsi,«l’opportunité pour l’Algérie d’utiliser ces zones franches comme une porte d’entrée vers le marché mauritanien, tout en envisageant son rôle de tremplin pour la pénétration des produits algériens vers les marchés de l’Afrique de l’Ouest». Bouderba insiste, toutefois, sur «la nécessité d’une concertation étroite entre les opérateurs économiques des deux pays pour garantir le succès de ce programme». Il met en exergue l’importance de «finaliser le projet de la route reliant les deux villes frontalières» et suggère d’«investir dans des sociétés mixtes de transport aérien et maritime pour renforcer les capacités d’acheminement des produits».

Revitaliser le partenariat public-privé

L’homme d’affaires rappelle également «les projets abandonnés dans les années 1970, tels que la création d’une société mixte de transport maritime, des sociétés mixtes d’exploitation de pêche, d’élevage et de production de lait, qui pourraient revenir à l’ordre du jour à la faveur de ces accords de coopération». Il encourage, ainsi, à relancer ces initiatives, d’autant plus, dit-il, que «l’Algérie bénéficie aujourd’hui d’une économie mixte grâce au programme de participation du président de la République». Dans ce cadre, il rappelle que «le chef d’Etat insiste sur la participation des entreprises privées sans aucune distinction avec le secteur public». Et l’ouverture, selon lui, de «ces zones franches pourrait constituer une opportunité pour revitaliser le partenariat public-privé, d’autant plus que la Mauritanie, désormais un partenaire essentiel, voit le secteur privé prévaloir à hauteur de 80% dans son activité économique».

«La réactivation de la Bourse devrait jouer également un rôle important dans la redynamisation du secteur public, tout en intégrant le secteur privé dans le cadre d’une privatisation boursière transparente. Cette démarche s’aligne notamment sur le nouveau code de l’investissement qui autorise la prise de participation dans le capital des entreprises publiques. Cette évolution permettrait au secteur public de connaître une nouvelle ère, rappelant son rôle pionnier dans l’industrialisation de notre pays», a-t-il expliqué. Bouderba salue, enfin, «l’engagement politique du président de la République en faveur de la coopération économique en Afrique et encourage une extension de cette opportunité à d’autres pays du continent».

Assia Boucetta

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