Musée de Sétif : Un trésor archéologique et historique 

Situé sur l’avenue de l’ALN, le Musée national public de Sétif est une véritable fenêtre sur l’histoire, dont les riches collections sont une mine d’informations.

C’est au début du19esiècle,durant la période coloniale, que le musée a vu le jour dans l’actuel jardin l’Emir-Abdelkader (ex-jardin d’Orléans). Il a constitué le premier musée qui a abrité des éléments architectoniques et une collection de pierres issues de découvertes fortuites dans la région.

En 1939, vu l’importance de ses collections, un second emplacement lui fut réservé au lycée Albertini, actuel Mohamed-Kerouani.

C’est en 1968 que Sétif ouvre le premier musée national dans l’ex-palais de justice (actuel musée du moudjahid), situé au centre- ville, où plusieurs salles reçoivent  des découvertes effectuées entre  1956 et 1968 et, plus tard, celles des fouilles réalisées en 1977 et 1984. De plus en plus importantes, ces dernières ont exhumé un quartier islamique, l’ancien emplacement de la ville historique Sitifis, les thermes romains et énormément d’éléments archéologiques. L’importance de cette richesse a conduit les autorités de la wilaya à ouvrir, le 30 avril 1985, l’actuel musée, dont les salles d’exposition sont  réalisées aux normes internationales.

Selon Chadia Khalfallah, inspectrice du patrimoine et directrice du musée, «le musée de Sétif est constitué de cinq salles conçues pour des expositions permanentes et temporaires et un laboratoire. Il s’étend sur de plus de 6.000 m², dont 3.000 m2 de jardins épigraphiques». Le musée est agencé de manière chronologique. La première salle est celle de la préhistoire. La seconde, dédiée à l’antiquité, contient une collection de pièces archéologiques datant de l’époque chrétienne et romaine.

Les trois dernières salles sont réservées  à l’époque islamique, à la  numismatique, où l’on peut admirer des pièces de monnaie datant de plusieurs périodes,  et au  bassin des mosaïques, située au centre de l’édifice. Au second étage, le musée abrite les bureaux administratifs, un auditorium, une salle de réunions, une bibliothèque et un espace réservé aux arts traditionnels de la wilaya. Selon  Mme Khalfallah, «le musée est connu mondialement pour sa richesse archéologique et la collection du site d’Aïn Lahnech, découvert dans les années 1940 par le paléontologue français Camille Arambourg. Dans les années 1990, des spécialistes algériens ont repris les fouilles». La collection  comporte des vestiges de l’industrie lithique et des restes de la faune exhumés. «Ce sont des pièces très rares  qui racontent le milieu naturel où vivaient les premiers hommes, il y a 2,4 millions d’années», rappelle-t-elle.

Mosaïques uniques

Le musée recèle une collection de mosaïques uniques. «Une première représente des divinités et des scènes de la mythologie gréco-romaine. La seconde, très importante, est la mosaïque chrétienne épigraphique, qui constitue une datation précise dans l’histoire de Sétif», explique Khalfallah.  «La mosaïque présentant le dieu Bacchus qui date du IVe siècle est unique au monde de par sa technique,  ses couleurs et son exécution et  surtout la représentation de la scène allant de l’Asie vers l’Afrique», indique-t-elle.

La mosaïque, ajoute-t-elle, «a été découverte fortuitement, au quartier du Temple, suite à de fortes pluies, puis exhumée dans les années 1970 et transportée vers le premier musée, puis en 2009, complétée et restaurée  au nouveau musée». L’établissement travaille en collaboration avec plusieurs secteurs, à savoir tourisme, éducation et enseignement supérieur, et d’autres musées nationaux.

Depuis trois ans, indique Mme Khalfallah,«le musée de Sétif abrite annuellement la rencontre des musées  qui regroupe d’autres institutions de même nature». A l’international, poursuit-elle, «le musée, par le biais des ministères de la Culture et des Arts, et des Affaires étrangères, coopère avec des organismes internationaux,  comme dans le cas de la restauration de la mosaïque de Bacchus, réalisée avec des spécialistes italiens».

Le musée a aussi un programme d’animation à destination des écoliers, des universitaires, des chercheurs et des férus du patrimoine. En plus de conférences, séminaires et colloques,  le musée organise des workshops sur la mosaïque et la céramique. «Nous conservons le patrimoine, mais nous veillons aussi à le mettre en valeur, le transmettre et le faire connaître du grand public», renchérit Mme Khalfallah. Le musée abrite également des manifestations culturelles, dont des récitals poétiques et des expositions d’arts plastiques.

L’implantation du musée au cœur de la ville, sa proximité avec la maison de la culture, du centre commercial et sa desserte par le tramway font de lui une destination privilégiée des habitants de la ville et des visiteurs. Les nouvelles découvertes archéologiques et la politique nationale de vulgarisation du patrimoine attirent de plus en plus de visiteurs de pays voisins et d’Europe»,  affirme la directrice.

Hakim Metref 

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