Avis d’experts : Booster les investissements et renforcer la concurrence

Pour accélérer le processus de diversification économique dans notre pays, l’expert et consultant en développement socio-économique, Kamel Kheffache, recommande «d’intensifier la concurrence entre les entreprises, notamment les PME». «Elles doivent utiliser leurs ressources de manière la plus efficiente, en investissant davantage dans l’innovation et en adoptant des stratégies d’intégration dans les chaînes de valeur, tant au niveau national qu’international, pour améliorer leur compétitivité et se développer à l’international», explique-t-il.  Arezki Ighemat, docteur en économie, chercheur aux États-Unis, préconise, pour sa part, «l’encouragement des secteurs négligés jusque-là, tels que l’agriculture, les petites industries, le tourisme, les services productifs comme les services technologiques, pas les pizzerias et les cafétérias, et les investissements privés, y compris étrangers». Il est important, dit-il, de «créer un climat des affaires plus favorable aux investissements et de réduire les contraintes bureaucratiques qui découragent les investisseurs».

Wassila O. H.

Exportations hors hydrocarbures : Une courbe ascendante

L’un des indicateurs du progrès en matière de diversification économique est le niveau des exportations hors hydrocarbures. Ces trois dernières années, celles-ci ont connu des seuils record et une dynamique sans précédent. Elles sont passées de 1,7 milliard de dollars  en 2019 à 7 Mds $ en 2022 avec pour perspective d’atteindre 13 Mds $ à la fin de l’année en cours. Si l’on se réfère à 2022, les produits industriels se positionnent en tête de liste avec 6.279,65 millions de dollars contre 4.451,18 millions en 2021 et 1.805,87 millions en 2020. Dans ce segment, les produits exportés relèvent des secteurs de la chimie, parachimie et dérivés d’hydrocarbures, dont les engrais, l’ammoniac, des médicaments et produits pharmaceutiques (3,61 millions de dollars) et des matériaux de construction (céramique destinée à la construction, ciment et rond à béton) avec un volume de 1017,43 millions de dollars et de la métallurgie et sidérurgie (demi-produits en fer et en acier, fils machines, tubes, profilés en fer et en acier…) avec 423,40 millions de dollars. On enregistre également des opérations d’exportation de plastique et caoutchouc et produits en verre (verre, articles de ménage, pneumatique, déchets…) avec 172 millions de dollars et autres secteurs industriels (carton et papier, appareils électriques, textile…) avec 415,12 millions de dollars. Durant ce même exercice, il a été réalisé un volume d’exportation de 149,69 millions de dollars de produits agro-alimentaires (sucre, eaux minérales gazéifiées, jus, huile de soja…) et de 103,68 millions de dollars de produits agricoles (dattes, huile d’olive, viandes…).

Wassila O. H

Financement de l’économie : Dynamiser la Bourse

L’expert dans en finance, Nabil Djemaâ, met en avant l’impératif de dynamiser le marché des capitaux pour booster le processus de diversification économique. «La diversification de l’économie devrait se faire par le biais de la Bourse, comme cela se fait dans les pays développés et non à travers les banques», déplore-t-il. «En Algérie, le marché des capitaux est peu développé», assène-t-il. «Chez nous, les banques qui financent l’économie. Or que pour créer de nouveaux secteurs, il est recommandé de lever des fonds auprès des marchés des capitaux, dont le rôle est de financer les secteurs primaire, secondaire et tertiaire», explique-t-il. En somme, ces derniers doivent être financés par la Bourse. Pour ce faire, l’expert soutient  que les entreprises, notamment les PME-PMI, devront en premier lieu s’organiser et avoir un capital et un savoir-faire. Il a fait savoir que les entreprises doivent rompre aussi avec les pratiques anciennes et se mettre en conformité avec les normes internationales. Il a fait observer, au passage, que 80% des entreprises sont familiales et refusent de s’ouvrir à la Bourse.  «La levée des fonds évite pourtant la faillite aux entreprises et leur permet de développer leurs investissements», proclame-t-il, indiquant que 300.000 entreprises ont faiot un dépôt de bilan, victimes des effets de la crise économique et sanitaire. L’expert salue l’initiative de création d’un fonds dédié au financement des start-up qui, selon lui,«constituent un levier de la diversification économique et la mise en place de l’Office de développement de l’agriculture industrielle en terre sahariennes». Djemaâ préconise en dernier la création d’une carte économique en tenant compte des besoins de chaque région.

Wassila O. H

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