A la faveur d’un retour de l’activité culturelle : Florilège retrouvé

Dimanche 16 avril, 22 heures. Des cités limitrophes sur les hauteurs d’Alger retentissent les cris des supporters qui envahissent les gradins du stade olympique du 5-Juillet, restés pendant plus de deux ans, vides, désertés, silencieux. Un manque résorbé avec bonheur depuis que les pouvoirs publics ont lâché du lest concernant la réouverture des stades au public.

Le même bonheur envahit désormais toutes les enceintes culturelles qui accueillent, depuis le 7 avril dernier, les fans et autres spectateurs. La même température dans tout le pays. Qui aurait dit ou même prédit que, deux bonnes années après le début de la crise sanitaire due au coronavirus, la vie culturelle allait renaître et au moment le plus opportun, le Ramadhan. Un mois fait sur mesure pour la convivialité, la distraction, les veillées, les rassemblements et les sorties nocturnes.
Depuis donc une bonne semaine, le public, d’abord timide ne sachant trop s’il doit s’hasarder et se permettre de sortir de nouveau, s’est fait plus entreprenant ces jours-ci. En témoignent ces salles de spectacle qui voient de plus en plus leurs fauteuils occupés, le nombre de billets en augmentation et même enregistré des guichets fermés, comme pour Aït Menguellet, le poète qui sait attirer les foules, à la salle Atlas à Bab El Oued samedi soir, et ce lundi à l’Opéra Boualem-Bessaih de Oueld Fayet à Alger.
 L’Algérien, qui a vécu une longue frustration bravant le couvre-feu instauré en raison de la pandémie qui n’a eu de cesse de gagner du terrain même après des répits par intermittence, renoue enfin avec les soirées musicales, théâtrales, littéraires et humoristiques. Une panoplie de spectacles autour desquelles il a fait des annonces bien avant le démarrage des activités culturelles essaimées dans les grandes villes du pays et même jusqu’au villages qui improvisent des soirées de divertissement, histoire de prendre sa revanche des deux années où le spectacle s’est joué en virtuel. Public et artistes renouent avec les manifestations artistiques. Les institutions culturelles ravivent les espaces après une longue disette. Une disette qui a fini par prendre le dessus au point où les premiers jours, les salles ont eu du mal à faire la moitié des places. Comme une appréhension de revoir les contaminations reprendre le dessus ou peu enclins à croire que le virus a fini pas déserter la cité. Encouragés par la ténacité des organisateurs, les férus des spectacles ont fini par prendre le chemin des salles que cela soit dans la capitale ou les grands centres urbains. Dans les villes, les bonnes habitudes s’installent et rivalisent.
Le rayonnement
A Alger, l’établissement Arts et Culture, à la salle Ibn Khaldoun ou encore dans toutes les communes de l’Algérois, l’Office national de la culture et de l’information, à la salle Atlas, l’Opéra d’Alger, l’Office Riadh El Feth, notamment dans la salle Ibn Zeydoun, le Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi, l’animation gagne chaque jour du terrain. Et à l’entame de cette première quinzaine de Ramadhan, c’est le rayonnement. Même les galeries d’art, les librairies accueillent leurs adeptes, entre cafés littéraires, rencontres livresques, expositions picturales et artisanales. Le consommateur des programmes culturels n’a qu’à choisir son spectacle devant la panoplie des programmes qui lui sont soumis.
Alger, Constantine, Oran, Tizi-Ouzou, Bejaïa, Tlemcen… ouvrent grand leurs espaces culturels dans un achalandage de spectacles animés par des artistes qui ont, durant trois bons Ramadhans depuis mars 2019, par dépit, tenté de maintenir le cap via le Net. Tous s’accordent à dire que cela a été une compensation, mais rien ne vaut de se produire sur scène face à un public vivant. Et c’est bel et bien fait à présent. Pour ceux qui sont moins chanceux, faute de pouvoir se déplacer ou de se dégoter une place ou encore se payer un billet d’entrée, il y a un substitut, la radio et la télévision. Les différentes chaînes avec leur grille de Ramadhan proposent des émissions de divertissement avec sur le plateau des soirées musicales et des artistes en invités de marque accompagnés de leurs news. De quoi mettre de l’entrain aux soirées familiales et dans les foyers.
Et ce Ramadhan restera dans les annales au vu de la forte reprise de l’animation qui a, encore, espérons-le, de beaux jours, d’autant qu’ils sont devant nous avec ce printemps qui arrive tardivement et l’été qui lui emboite de la saison. Et c’est tellement bon pour le moral, ce retour florilège !
Saliha Aouès