Aâmmi Mohamed, vendeur de plantes herbacées : Plus de 20 ans de métier

 Il était enfant quand il a commencé à travailler à la rue Ahmed-Chaïb, il y a plus de 60 ans. À l’époque, la rue de Tanger était tout autre, avait un autre visage, plus «brillant».

Né en 1943, Mohamed Hadji, que tout le monde appelle aâmmi Mohamed, se souvient de ces temps où tout le monde connaissait tout le monde. «J’ai grandi pratiquement dans cette rue. Elle était très propre, les maisons et les immeubles étaient bien tenus. C’était comme un petit village où tout le monde se connaissait. Il y avait une ambiance formidable qu’on ne connaît plus, hélas, aujourd’hui», rapporte-t-il. Sa vie professionnelle, il l’avait amorcée dans une boucherie. Il avait appris à couper les viandes tout en se familiarisant avec les différentes herbes aromatiques. «J’ai passé la plus grosse partie de ma vie dans cette boucherie. Jusqu’à sa fermeture. Alors je me suis aussitôt converti en vendeur de plantes herbacées. Un métier que j’exerce depuis plus de 22 ans», raconte-t-il. Il était si attaché à cette boucherie qu’il a installé sa table juste en face. Il y vend du persil, de la coriandre, du thym, du laurier, de la menthe et des épinards. «Ici, c’est mon antre. Ma table est dressée ici depuis plus de 20 ans. Personne n’a pensé à envahir mon espace. Je travaille au noir, mais comme tout le monde me connaît ici, y compris les agents de la police, je n’ai jamais eu de problème. D’ailleurs, je compte des policiers parmi mes clients», souligne-t-il.
Tous les matins, il se lève à 4 h et se rends au marché de gros de Khemis El Khechna pour s’approvisionner en plantes herbacées. Il en ramène plusieurs bottes toute fraîches et parfumées qu’il transforme en jolis bouquets, biens fournis, avant de les étaler sur sa table. Comme il compte aussi des restaurants parmi ses clients, il verse également dans la livraison. «J’exerce un métier qui me passionne et j’ai l’intention de continuer jusqu’à la fin de mes jours. Ce n’est pas très rentable, certes, mais il m’apporte suffisamment pour vivre et pour partir à la Omra de temps à autre», confie Mohamed, âgé aujourd’hui de 78 ans.
F. B.