Abbas Righi anime une soirée malouf : Le ténor de Constantine captive son public  

Le chanteur malouf Abbas Righi a retrouvé, dimanche soir, son public à Alger lors d’un concert de musique célébrant le mois sacré du Ramadhan.

 Le très nombreux public de l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaih, a réservé un accueil triomphal à son idole Abbas Righi qui a présenté, durant près de deux heures de temps, un programme essentiellement soumis à la demande de ses fans, après avoir rendu une première partie de circonstance, consacrée au M’dih.
 Faisant part avant de commencer, de son « immense bonheur de retrouver son public à Alger » le ténor constantinois, accompagné par une dizaine de musiciens dirigés d’une main de maître par le maestro Samir Boukredera au violon alto, a entonné une vingtaine de pièces, entre m’dih, zedjel et mahdjouz du riche répertoire malouf, dont une partie soufie dans le mode Sika, contenant entre autres pièces, « Es’Salatou wes’salamou âla kheir el ounsi », « Ah ya rouh en’noufous »et « Hob Ennabi zine essifet ».
Confirmant son statut de « star » très proche de son public, Abbas Righi a, de son côté, cédé à la demande de ses nombreux admirateurs, qui ont souhaité apprécier, « Gattala », « El Boughi », « Sidi Rached », « Dhalma », « Sid Et’taleb », « Hamma ya Hamma », »Hayyaw ya ziar », « Nedjma », « Cheddou bent’koum ând’koum », « Achiq memhoun », « Dak ennahar » et « Ksentina », entre autres pièces, ce qui fut, bien entendu, dans des atmosphères de totale extase.
Dans un enchaînement judicieux de variations modales et rythmiques, les sonorités aiguës des violons et du nay et de la gheita (flûte et clarinette arabes), la densité des notes émises par le Oud et la cadence rythmique maintenue par les « Nekkaret » (petite percussion à deux tambours), ont dessiné les traits de l’identité sonore du genre Malouf. Avec une voix présente et étoffée, Abbas Righi, débordant d’énergie et de bonheur, a livré une prestation pleine, où il a généreusement mis en valeur le patrimoine musical de Constantine, devant un public « réceptif et accueillant », qui a savouré tous les moments du concert dans une ambiance de grands soirs.
 Durant tout le long du récital, les spectateurs ont accompagné leur chanteur avec des youyous nourris et des applaudissements répétés, dansant et battant la mesure avec les mains en reprenant les refrains dans la joie et l’euphorie.
 Né en 1984, Abbas Righi s’est dès son jeune âge intéressé à la musique andalouse dans sa variante malouf qui constitue l’Ecole de Constantine, aux côtés de celles des genres, « Senâa » à Alger et « El Ghernati » à Tlemcen. Après un passage à la « Zaouia Rahmania » et à l’association « El Aqiqia El Aissaouia » où il s’est imprégné du genre soufi, il opte pour le malouf qui deviendra vite son genre de prédilection.  En 2002, il intègre l’association des « Elèves de l’Institut du Malouf », dirigée alors par le regretté Cheikh Kaddour Darsouni qui verra vite en lui une « future grande voix » et l’initiera à la maitrise de la percussion, préalable nécessaire à l’acquisition d’une bonne musicalité.
Le ténor de Constantine compte sur le marché quatre albums, « Mejrouh » (2010), »Zadni hwak ghram » (2012), « Ama sebba lahbab » (2016), « Salah Bey »,  (2017) et une « synthèse » de quatre CD sur la chanson constantinoise « dans ses différents genres », selon l’artiste, présentée sous le titre de, « Couleurs de Constantine ».