Abbou Abdelkader Dadi, artiste peintre : «Mon exposition repose sur les thématiques primaires»

Le Centre culturel algérien de Paris (CCA) abrite du 13 mai au 4 juin, l’exposition «Aux temps des tons d’art» de l’artiste peintre et sculpteur Abbou Abdelkader Dadi, riche d’une expérience de près de 60 ans, (l’artiste a pratiqué plusieurs formes d’expressions artistiques, telles que le théâtre et la musique), qui lui permet une compréhension non seulement de la société où il évolue, mais de l’humanité  également. Dans cet entretien il nous explique les thématiques principales de son exposition, mais aussi le cheminement de son art à travers les années.

Vous exposez actuellement, depuis le 13 mai au Centre culturel algérien de Paris, quel sont les principales thématiques que vous traitez ?
Mon exposition repose sur les thématiques primaires, à savoir le social, le culturel, l’artistique, et le psychologique. Mettre en évidence l’aspect esthétique, afin d’évaluer ces contenances dans leurs différents aspects (sociologique), et, de la, permettre un éclairage sur chaque œuvre peinte ou sculptée, aux publics et aux intéressés(es) entre autre. Chaque thème repose sur un sujet déterminant: dans sa pratique, ses valeurs coloriées, ces éléments spatiaux etc..
 
«Aux temps des tons d’art II» est l’intitulé de votre exposition. On peut aussi entendre «autant d’étendards», est-ce délibéré? Si oui, de quels étendards s’agit-il ?
Il est clair, que: «Aux temps des tons d’Art 2», est défini par ces termes propres. Aux temps: aux ères, Aux tons d’Art: à allusions aux tendances, genres, styles et autres, écartant «étendards», n’ayant aucun liens avec cette problématique culturelle. J’ai eu ce privilège d’appartenir à une famille d’artistes, ma famille notamment, en l’occurrence  mon défunt frère Abbou Asri, clarinettiste et comédien, et, moi-même faisant partie de l’équipe el Masrah de Mostaganem à l’Age de 13ans, en 1959, comme musicien, acteur et décorateur. Puis sur Alger depuis 1968, chargé de la formation des cadres à l’INFSJ de Tixeraine (Ex École de formation des cadres de la jeunesse), dans différentes  disciplines: l’histoire de l’Art, peinture et dessin, sculpture, théâtre de marionnettes, et chargé des festivités nationales, écrivains, entre autre. Certes ma peinture se veut analytique des phénomènes socio-culturels, traité des problématiques relatives à la faim de part le monde par exemple, la maltraitance, de l’inculture …à l’histoire et les traditions etc.
Vous peignez depuis les années 1960 et votre peinture s’apparente à une analyse  socioculturelle. Peut-on dire que votre art  a évolué selon les différentes mutations qu’a connues l’Algérie durant ces années ? Quelles sont les principales étapes de cette évolution ?
Cela explique à l’évidence «Des Temps d’art: des ères ou périodes, qui expliquent l’évolution des différentes pratiques plastiques. Ainsi, chaque décennie connait une tendance picturale avec son genre, sa tendance, sa pratique architectural et autre. C’est «une mutation» naturelle de cette forme picturale, partout dans le monde, où, même l’Algérie, conçoit cette évolution des arts. Le mien ressort de trois tendances universelles: le naturalisme, l’expressionnisme et l’abstraction. Cependant, avec le temps mon travail se veut particularisé dans sa force, que dans le fond. Ce sont ces étapes différentielles dans la pratique qui m’ont permis de m’évaluer, et d’évoluer selon ces principes académiques (classiques), modernes et contemporains.
Entretien réalisé par : Hakim Metref
 
Biographie
L’artiste peintre et écrivain Abbou Abdelkader Dadi est né en 1945 à Mostaganem dans une famille d’artistes. Il débute à l’âge de 13 ans  comme acteur, musicien et décorateur au sein «d’El Masrah»  de Mostaganem. Un milieu qu’il fréquente jusqu’en 1978. Il est diplômé de l’École des beaux arts d’Alger, puis de la Société des beaux-arts et lettres d’Alger. Il a occupé,  entre autres, la fonction de formateur national à l’INFSJ de Tixeraine, chargé de l’éducation et de  la culture et festivités nationales. Il a été membre de l’Union des plasticiens algérien entre 1970 et 1986. Il a été secrétaire général de la commission des arts plastiques au Festival mondial arabe de 1971 à Alger. Abbou Abdelkader est également écrivain. Il a signé plusieurs ouvrages dont «Le théâtre de marionnettes, en 1999, et «Les arts et cultures»  en 3 tomes, entre 2006 et 2020. Il a également des BD sur plusieurs thèmes socioculturels qui sont en attente d’édition.