Abdelaziz Fayed, directeur général du budget : «La hausse des prix n’est pas une conséquence de la LF 2022»

La hausse des prix des produits de première nécessité ne résulte nullement des dispositifs de la loi de finances 2022.

C’est ce qu’a déclaré, ce dimanche, le directeur général du budget auprès du ministère des Finances, Abdelaziz Fayed, en marge de la journée d’information organisée par la Chambre algérienne de commerce et d’industrie, à l’hôtel El Aurassi, à Alger, sur «les nouvelles dispositions de la loi de finances 2022». Il a expliqué que cette hausse peut être la conséquence de la spéculation comme elle serait aussi liée à la fluctuation des prix sur le plan international. Il a souligné que «ces augmentations sur le plan international sont aujourd’hui absorbées par le budget de l’Etat», précisant que rien qu’en 2021, le montant dépensé par l’Etat à l’endroit des céréales a atteint 300 milliards de dinars, un montant record, alors que pour l’huile et l’eau, des dépenses respectives de 40 et 50 milliards de dinars ont été engagées. «L’Etat a absorbé le choc et continue de soutenir les prix», a-t-il ajouté, tout en insistant que l’Etat maintient ses engagements envers le citoyen et l’économie. Il a souligné que tous les efforts consentis dans le cadre des réformes structurelles engagées s’inscrivent dans la perspective d’assurer le bon décollage de l’économie nationale. Le temps, a-t-il dit, est dans l’optimisation des dépenses mais aussi des comportements des consommateurs et des entreprises. Il a souligné que l’année 2022-2023 sera «celle des grandes réformes structurelles de l’Etat en matière de gestion budgétaire et d’exécution comptable. Il y a de grands projets de réforme qui sont engagés et qui vont avoir un impact direct sur les citoyens et les entreprises. Il s’agit aujourd’hui de changer le paradigme de la gestion des finances publiques et des deniers publics. On est aujourd’hui dans le budget moyen et il faut aller vers un budget de résultat», a-t-il indiqué, ajoutant que l’Etat a engagé des réformes en profondeur dans sa manière de financer ses activités.
Système d’information opérationnel le 1er janvier 2023
 Il a fait savoir que le budget programme sera mis en œuvre à partir du 1er janvier 2023, ainsi que toutes les réformes structurelles en préparation. Tous les dispositifs réglementaires pour assurer une meilleure dépense, une meilleure qualité de service et dans les meilleurs délais ont été mis en place. En matière d’exécution de la dépense, il va falloir, a-t-il précisé, revoir le circuit de la dépense publique qui, aujourd’hui, est caractérisée par sa lenteur. «Avec la mise en œuvre de cette réforme budgétaire, nous pouvons améliorer la qualité de la dépense. Il y a deux systèmes d’information sur laquelle nous sommes en train de travailler. Ils seront opérationnels à partir du 1er janvier 2023», a-t-il souligné, avant de préciser qu’il s’agit d’un système de préparation budgétaire et d’exécution. Le temps et les moyens ont été donnés pour accélérer la numérisation du secteur. La réforme des marchés publics s’inscrit dans ce sillage. Le projet de loi est en discussion au niveau du secrétariat général du gouvernement. La nouveauté réside dans le fait que dorénavant les soumissions comme les appels d’offres vont être publiés dans le portail d’information dédié au marché public inauguré le mois de décembre 2021. La seconde phase sera le retrait du cahier des charges via le portail, et pourquoi pas aller vers la signature électronique. «Le diapositif actuel est caractérisé par une certaine opacité. Cette réforme contribuera à améliorer la dépense publique et l’instauration de la transparence», a-t-il conclu.
 Wassila Ould Hamouda