Abdelhakim Nacef, délégué à la sécurité routière : «Le citoyen doit s’impliquer»

Dans cet entretien, le délégué national à la sécurité routière, Abdelhakim Nacef,a affirmé que la décision d’annuler le retrait de permis en cas d’infraction a été mûrement réfléchie et discutée avec les différents services de sécurité.

Le ministère de l’Intérieur a décidé, conjointement avec celui des Transports, d’annuler la sanction du retrait de permis de conduire à partir du 1er février prochain. Qu’en pensez-vous ?
Il s’agit d’une décision qui a été étudiée et maturée suite à un travail de plusieurs mois. Elle s’inscrit dans le cadre de la démarche des pouvoirs publics visant à alléger les procédures administratives liées aux sanctions dues aux infractions de la sécurité routière. Cette décision, qui se veut une manière de simplifier le travail des administrations et celui des services sécuritaires, a été prise en concertation avec plusieurs parties, à savoir la Sûreté nationale, la Gendarmerie nationale, le ministère des Transports et celui de la Justice. Il a fallu aussi maturer et apurer la table des infractions, et suite à la circulaire interministérielle rendue publique le 20 janvier dernier, il a été décidé aussi le gel de l’activité des commissions de wilaya chargées du retrait de permis.
Quels sont les nouveaux mécanismes en attendant la mise en place du système du permis à points?
Justement, cette décision fait suite à la loi 17-05 relative à l’organisation, la sécurité et la police de la circulation routière pour la mise en place du système du permis à points. Nous avons pris les infractions classées par 4 degrés de gravité et les sanctions y afférentes censées être appliquées. Il s’agit des amendes forfaitaires qui vont de 2.000 à 6.000 DA. En cas de constatation d’infraction, l’agent de verbalisation pourra conserver le permis de conduire du contrevenant pendant un délai de 10 jours, alors que le concerné devrait s’acquitter d’une amende forfaitaire définie en fonction du degré de la contravention dans un délai de 45 jours. Au-delà de ce délai, d’autres mesures seront appliquées. Un procès-verbal de non-paiement sera établi et joint au permis de conduire pour être envoyer au procureur de la République territorialement compétent. Ce qu’il faut comprendre c’est que la circulaire interministérielle concerne les contraventions et non les délits. Quant à ces derniers, la loi reste la même et c’est la justice qui s’en charge.
Les amendes, comme alternative provisoire, sont-elles la bonne solution pour sévir contre les contrevenants ?
L’objectif principal est de simplifier les procédures pour les citoyens qui se plaignaient de la lenteur des différents services concernés par le retrait de permis, lesquels devraient concentrer leurs efforts sur le phénomène de l’insécurité routière. Maintenant, il appartient aussi aux citoyens de s’impliquer pour la réussite de cette démarche, en faisant preuve d’esprit civique et en respectant la réglementation en vigueur en matière de sécurité routière. Je tiens à rappeler que le grand travail devrait se faire dans la prévention, afin de réduire les pertes humaines et économiques engendrées par les accidents de la route.
Entretien réalisé par Aziza Mehdid