Abdelkader Boucherit, président de la Fédération du transport de voyageurs et de marchandises : «Nous avons besoin d’un plan de circulation»

Entretien réalisé par : Wassila Ould Hamouda

Le président de la Fédération du transport des voyageurs et des marchandises (FTVM)aborde, dans cet entretien, les problèmes auxquels fait face le secteur. Il soumet aussi quelques propositions, de nature à améliorer la situation, et revientsur la récenteréunion avec le ministre des Transports. La Fédération etd’autres organisations relevant du secteur des transports ont été reçues par le ministre des Transports.

Qu’est-ce qui a été abordé ?
La situation est déplorable. Le transport des voyageurs ou des marchandises vit une anarchie indescriptible. Nous avonssoulevé nos préoccupations au ministre lors de la réunion delundi dernier qui a porté surles problèmes quotidiens auxquels sont confrontés les transporteurs quitravaillent loin des normes requises. Deslignessont surchargées mais des régions sont très mal desservies. Vers les nouvelles cités, le transport est parfois inexistant.La répartitionpar horaire de service et par nombre de voyageursn’est pas étudiée. Durant les heures de pointe,l’attenteestinterminableau niveau des arrêts. Autoriser un bus de 30 places dans une grande ville est inconcevable. Il faut déployer degrands bus comme ceux de l’Etusa, pour répondre à la forte demande, notamment durant les heures de pointe, etoffrirde bonnes conditions de voyage aux usagers.Dans le transport des marchandises, l’anarchie s’est égalementinstallée. Avec le dispositif Ansej et le crédit bancaire, de nombreux camionscirculent sans aucun respect des heures de circulation, notamment dans les grandes villes, sans parler de la surcharge. A défaut de plan de charge et de travail, des jeunes n’arrivent mêmepas à rembourser les banques. Il va falloir mettre en place un mécanisme d’organisation, contrer la concurrence déloyale et définir les horaires decirculation. Le ministère, avec les directions de wilaya, doit ouvrir des aires de stationnement et fixer les heures d’entrée et de sortie des ports.

Quelles sont les raisons de cette situation et que préconisez-vous ?
Cette anarchie résulte essentiellement de l’inexistencede plans de transport et de circulation qu’ilva falloir mettre en place. C’est une priorité. Aussi, l’attribution des lignes doit obéir à une étude qui tiennecomptedu nombre d’habitantset de larépartition géographique.Il va falloir créer plus de stations et de gares routières aux normes internationales et améliorer leur gestion. Nous avons émis nos propositions au ministre des Transports quiacréé desconseils consultatifspour les voyageurs,les taxis et lestransporteurs des marchandises.Les services de sécurité, le ministère de l’Intérieur etles organisations seront impliquéspour trouverdes solutions aux problèmes.Nous allons désignerles personnes qui ysiégeront.

Qu’en est-il de la situation de la flotte ?
La question a été abordée lors de la réunion avec le ministre. Nous avons soulevé le problème dela vétusté de la flotte qui poseun vrai problème de sécurité routière et de rendement. Rien que dans le secteur privé, nous disposons de80.000 bus dontun bon nombre est en mauvais état. Il revient au service de contrôle technique de rendre son verdict. Outre leur manque sur le marché, les pièces détachées sontdevenues très chères. Nous espérons quecette année, les pouvoirs publics lancerontl’importation de bus, de camions et de voitures demarques connues, qui répondent aux normes internationales.
 W.O.H.