Abdelkader Soufi, docteur en questions sécuritaires : «Le Conseil de sécurité doit prendre des mesures draconiennes»

Abdelkader Soufi, docteur en questions sécuritaires et stratégiques, a dénoncé, ce dimanche la politique mondiale de deux poids deux mesures concernant la cause palestinienne et la question ukrainienne.
«Les situations palestinienne et ukrainienne sont deux questions majeures, mais nous avons remarqué une modalisation de façon extraordinaire et rapide en faveur de l’Ukraine, ce qui n’est pas le cas pour la situation en Palestine», déplore-t-il lors de son passage sur les ondes de la Radio Chaîne III. Aux yeux de Soufi, le pire est que «la présidence du comité d’El Qods, assurée par le Maroc, refuse qu’on sollicite le Conseil de sécurité pour la question palestinienne». Expliquant le fervent attachement de notre pays au soutien et à la défense de la cause palestinienne, le spécialiste en questions sécuritaires n’a pas manqué de mettre en exergue la mobilisation incessante de l’Algérie et ses multiples sollicitations pour un règlement de la question palestinienne. «L’Algérie a de tout temps utilisé un parterre multilatéral pour des décisions collégiales sur cette question», lance-t-il faisant remarquer que «notre pays essaye par une valse diplomatique de mobiliser un maximum d’acteurs sur la scène internationale, notamment à l’Union africaine, La Ligue arabe, l’Assemblée islamique mondiale mais aussi à travers des pays non-alignés ou il est membre influent pour mettre un terme à l’agression que subit le peuple palestinien».
Dans ce cadre, Soufi n’a pas omis de faire observer que notre pays a même œuvré «à rapprocher les points de vue entre les différentes factions palestiniennes pour trouver une issue aux différends». Dans le même ordre d’idées, il a fait état de l’attitude de l’Algérie, «lors des déplacements du président de la République et du chef de la diplomatie algérienne, mais aussi de certains chefs d’Etat ou roi arabe, à évoquer la question palestinienne dans l’optique d’y trouver une solution». Toutefois, l’hôte de la Radio Chaîne 3 déplore le manque «d’une volonté politique chez certains pays arabes» dans la prise en charge de cette question. De son avis, sur cette question précisément, l’Algérie se distingue par rapport aux autres pays par son autonomie dans ses prises de position et décisions en indiquant que «l’Algérie si elle a cette possibilité, c’est que personne ne peut lui dicter ses positions, puisqu’elle a hérité d’une forte personnalité à l’international», avant d’enchaîner : «Le fait qu’elle ne soit pas un pays endettée lui permet d’être plus arbitre que claniste.» Selon lui, «cette position impose le respect à l’international, que ce soit avec les grandes puissances mais aussi avec les pays arabes».
Dans ce cadre, Soufi ne manque pas de formuler des préconisations pour un règlement de la situation en Palestine. A cet égard, il notera qu’«il faut agir afin de pousser le Conseil de sécurité à prendre des mesures draconiennes, mais surtout palpables contre les agressions répétées de l’entité sioniste ». A la question de la journaliste à propos d’une éventuelle réforme des Nations unies, Soufi répond par la positive : «Je suis tout à fait d’accord pour revoir le concept du système international qui a été créé en 1945 avec l’hégémonie américaine qui devait être l’arbitre mondial devant assurer les équilibres avec le concept de démocratie qui est imposé aux Etats que je considère utopique et un système international chaotique.»
Fatma Zohra Hakem