Abdelkrim Chelghoum, directeur de recherche à l’USTHB : «Il faut un conseil national de gestion des risques majeurs»

Pour faire face aux effets des changements climatiques, le professeur Chelghoum,  directeur de recherche à l’université des sciences et de la technologie Houari-Boumédiène (USTHB), a plaidé, ce mercredi, pour l’installation urgente d’un haut-conseil de gestion des risques majeurs naturels.

Intervenant sur les ondes de la Radio nationale, il a souligné que cet organisme qui peut prendre la forme d’un observatoire rattaché à la présidence de la République  apportera des solutions à des phénomènes liés aux changements climatiques et permettra d’agir par anticipation pour limiter les dégâts, voire les éviter. «Ce haut-conseil va servir de consulting», a-t-il lancé, appelant à renforcer les unités de recherche et de faire participer davantage l’Université dans la lutte contre les aléas des changements climatiques. Contrecarrer des phénomènes naturels comme le stress hydrique qui devient une menace réelle pour notre pays, la désertification, la sécheresse, les tremblements de terre et les feux de forêt doit s’ériger en priorité qui concerne tout le monde. Parlant du stress hydrique, le Pr. Chelghoum a précisé que celui-ci est décrété quand un pays est en dessous de la norme internationale de 1.700 m3 /habitant/an. Selon lui, «même avec quelques averses, notre pays souffre toujours de ce phénomène qui touche à la sécurité alimentaire et donc à la sécurité nationale». «Notre gestion des ressources hydriques doit être pointue. Nous devons capter toutes les eaux et les utiliser à bon escient», a-t-il poursuivi. Pour lui, l’autre impératif est de rationaliser l’utilisation de l’eau dans l’agriculture. «Pourquoi utiliser de l’eau potable dans l’irrigation ?», s’est-il interrogé, au lieu de récupérer les eaux épurées. «Le dessalement est la solution la plus indiquée pour contrer le stress hydrique», estime Chelghoum qui a également mis en exergue l’importance du désenvasement des barrages».
Elargir le Barrage vert
Par ailleurs, le président du Club des risques majeurs a prôné l’élargissement du Barrage vert actuellement fixé à 20 km de large et 1.300 km de long. «Le Barrage vert touche 13 wilayas, l’idéal est de l’étendre à 25 wilayas. C’est la seule solution pour arrêter la désertification, un phénomène irréversible en matière d’agression sur les sols», a-t-il soutenu, tout en recommandant de revoir le type de plantes car au fil du temps, il est avéré que les pins d’Alep implantés autour de ce barrage n’étaient pas très conformes à l’écosystème. Il propose de leur substituer des arbres fruitiers pour rendre le barrage plus utile.
Pour ce qui est des feux de forêt, il  a mis l’accent sur le renforcement des mesures préventives qui passe par l’élaboration d’une cartographie des massifs forestiers. Tout en appelant à multiplier les campagnes de reboisement, Chelghoum a recommandé enfin la réalisation de points d’eau qui sont très insuffisants dans l’espace forestier, l’aménagement d’accès pour faciliter la tâche aux services de la Protection civile encas d’incendie.
Wassila Ould Hamouda