Abderrahmane Benbouzid, santé Nouvelle méthode pour choisir les responsables

Mécontent de la gestion des directeurs d’hôpitaux et du rendement des responsables de la santé dans certaines wilayas, le ministre de la Santé a annoncé, jeudi dernier, que le recrutement de ces derniers se fera désormais sur la base d’appels à candidature, lancés via la plateforme électronique de son ministère.

Lors de la plénière consacrée aux questions orales, Benbouzid a fait savoir que le recrutement ne se fera plus sur la seule présentation d’un CV. «Les candidats détenteurs d’un diplôme d’une école supérieure et d’une expérience de cinq années seront retenus», a-t-il précisé. Benbouzid a reconnu, par ailleurs, qu’il n’y a pas de loi ou de règlement pour contrôler les budgets de gestion et évaluer le travail des responsables des hôpitaux. Pour redresser la situation, il a plaidé pour «une réforme profonde du secteur et l’installation d’une commission intersectorielle afin d’adapter le système des conventions».
Parlant des scanners et autres équipements souvent en panne dans les hôpitaux publics et non dans les cliniques privées, il a soutenu qu’un nouveau système de convention permettra de contrôler et demander des comptes. Un député de Saïda a qualifié le secteur de la santé dans cette wilaya de malade, regrettant notamment le retard dans la réalisation d’un hôpital de 60 lits. Le projet, retenu depuis 2019 dans la daïra d’Oued Brahim, n’a pas encore vu le jour.
«Les indicateurs sont positifs en termes de couverture médicale spécialisée après la dotation de 3 établissements publics hospitaliers d’une capacité de 60 lits à Sidi Boubekeur, Youb et Hessasna», a répliqué le ministre. Une réponse qui n’a pas convaincu le député qui exige du concret, car, à l’en croire, «les 26 structures de soins que compte la wilaya ne disposent pas d’un laboratoire d’analyses et, dans certaines communes, des femmes accouchent dans les couloirs». Au sujet de la demande d’inscription d’un projet de réalisation d’un hôpital de 60 lits, le ministre a révélé que ses services «ont présenté une demande d’inscription au titre de l’exercice financier 2023». Un député de la wilaya de Tiaret s’est attardé sur la souffrance des malades atteints d’insuffisance rénale, contraints de faire des séances d’hémodialyse après tirage au sort et d’une durée réduite.
A ce sujet, le ministre a rappelé que ces malades «sont pris en charge dans des structures de santé privées et publiques, notamment les hôpitaux de Tiaret, Frenda, Sougueur, Mahdia et Ksar Chellala», avant d’annoncer «l’ouverture de nouveaux services d’hémodialyse au niveau des établissements hospitaliers d’Aïn Deheb et de Takhmaret, en cours de réalisation».

Une entreprise nationale chargée des équipements médicaux
Un autre élu a déploré l’arrêt, pour des raisons, selon lui, «bureaucratiques», des activités du centre anticancer (CAC) de la wilaya d’Adrar. «L’affaire est en justice, car la société américaine Varian Medical Systems, fournisseur de trois accélérateurs linéaires, a passé un contrat avec une société relevant du groupe Haddad, dont le patron est en prison», a précisé le ministre. «Le matériel n’a pas été réceptionné, car ne répondant pas au cahier des charges, et les commissaires spécialisés en médecine nucléaire ont émis des réserves», a t-il renchéri.
Selon Benbouzid, le fournisseur n’a pas formé les techniciens, mais plusieurs médecins et techniciens sont en stage pour pouvoir gérer ces équipements. En outre, le ministre a assuré qu’une «solution définitive» a été trouvée au problème des pannes des équipements à travers l’installation d’une commission multisectorielle composée de représentants des secteurs de la santé, du commerce, de l’industrie et des finances Cette commission a pour missions, poursuit-il, «d’organiser l’opération d’acquisition des équipements médicaux, d’unifier les contrats de réparation, en sus de l’élaboration d’un texte règlementaire pour la création d’une entreprise nationale chargée des équipements médicaux».
 M. Benkeddada