Accidents de la circulation : La route, cette faucheuse

Les trois accidents de la route qui ont emporté, en 48 heures, 36 personnes, dont beaucoup d’enfants, rappellent encore une fois l’insoutenable irresponsabilité des adultes face à un phénomène devenu un véritable fléau. Que n’a-t-on pas dit pour situer les responsabilités ? Que n’a-t-on pas suggéré pour endiguer ces drames au quotidien? Et, pourtant, chaque jour qui passe apporte son lot de morts à cause d’un chauffard en mal de vitesse, d’une route défoncée ou d’une signalisation défaillante. Des comportements et des situations qui découlent d’une société mal dans sa peau et qui plus est fataliste. On s’offusque toujours du nombre de morts sur nos routes. Non-respect du code la route, vitesse excessive, dégradation de l’état des routes…

 

Un accident se produit toutes les 20 minutes, faisant chaque année près de 250.000 blessés. On compte un mort chaque deux heures, 3.000 handicapés et près de 100 milliards de dinars de pertes économiques annuellement, soit 2% des revenus nationaux. Le nombre des accidents de la route est en hausse depuis au moins un mois. L’été est sinistrement célèbre pour son lot de morts sur la route. En moins de 48 heures, deux drames ont eu lieu, le premier dans la région de Constantine et le second à Ghardaïa, faisant 27 décès et plus de 61 blessés. Mais force est de constater que dans les deux cas, le facteur humain en est la cause principale.
Malgré les mesures restrictives prises par les pouvoirs publics, la route tue toujours. Rendus publics par les services de sécurité et de la Protection civile, ces drames quotidiens ont fait réagir le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a ordonné, lors du dernier Conseil des ministres, la prise de mesures juridiques pour la criminalisation du comportement des conducteurs de bus de transport public et scolaire en cas de «faute humaine par négligence, imprudence ou irresponsabilité». «En citant ces trois délits graves, le chef de l’Etat a instruit les pouvoirs publics de mettre en place un arsenal juridique adéquat pour le durcissement des lois contre ces chauffards», selon l’expert et chercheur international en sécurité routière, le Dr Mhamed Kawache. Il cite, les récentes statistiques officielles estimant le nombre de victimes à 10 par jour
«Un accident se produit toutes les 20 minutes, faisant chaque année près de 250.000 blessés, un mort chaque deux heures, 3.000 handicapés et près de 100 milliards de dinars de pertes économiques annuellement, soit 2% des revenus nationaux.»
Durant les trois premiers mois de l’année en cours, les services de la Protection civile ont recensé 5.000 accidents de la route, soit une  moyenne de 55 accidents par jour faisant 670 décès et 7.747 blessés. L’expert explique que cette hausse du «terrorisme routier» et des violations du code de la route est due principalement «aux comportements irresponsables et irrespectueux des citoyens». Il rappelle que le «pic» des accidents intervient en quatre périodes de l’année, à savoir à la rentrée scolaire, durant le Ramadhan et des intempéries et bien évidemment la saison estivale, où «une forte densité routière est enregistrée». Selon lui, «les mesures restrictives entrant dans le cadre du code de la route sont appropriées, mais, toutefois, le manque de respect de la part des automobilistes est plus qu’édifiant». D’autant plus que «la loi n’est pas applicable à tous». Ce qui nous pousse à interpeller ceux dont la mission consiste en la sécurité routière à plus de vigilance.
Il sied de préciser que les nouvelles mesures introduites en 2010, relatives à la circulation routière, a eu un impact momentané. Cependant, un relâchement a été constaté quelques années plus tard, durant lesquelles les usagers de la route utilisent fréquemment leurs smartphones, suscitant l’inattention des conducteurs. D’ailleurs, certains d’entre eux vont jusqu’à visualiser une vidéo, voire un film tout en conduisant.
Pour faire face à ces dramatiques situations, il préconise l’application du permis à points, seule mesure capable de limiter ou de diminuer le taux de mortalité découlant des accidents routiers. Des recommandations qu’il a soumises aux autorités publiques.
Toutefois, il nous est également permis d’interpeller les citoyens et les usagers de la route à plus de respect du code de la route. Pour rappel, la criminalisation des accidents en France a produit un effet positif, tandis que l’Allemagne enregistre le plus bas nombre d’accidents au monde.
Samira Azzegag