Accidents industriels : L’épée de Damoclès 

Même s’ils ne sont pas légion dans notre pays, les accidents industriels sont une vraie menace. La multiplication d’unités de production mais aussi d’ateliers clandestins et autres fabriques anarchiques dans les périmètres d’habitation augmente sensiblement l’éventualité de survenue de sinistres. En outre, la nature même de l’activité de certaines entreprises les expose de fait à de grands risques. Et malgré des mesures de sécurité parfois draconiennes, des drames ont lieu. Pour les experts en sécurité, l’application stricte du triptyque hygiène, sécurité et environnement s’avère vitale, d’autant que la législation algérienne est calquée sur ce qui se fait de mieux ailleurs en matière de prévention et de sécurité.

Tout risque industriel que ce soit sur les personnes ou sur l’environnement s’appuie sur la notion de l’accident, du danger et du dommage. A cet effet, la culture du risque devra être généralisée à grande échelle. Experts comme producteurs s’accordent à dire que les mesures hygiène, sécurité et environnement (HSE) sont primordiales dans tout le secteur industriel. La logique dit que toute structure de production doit être dotée de mesures de HSE contre tout risque majeur. Cette action devra être permanente et non pas conjoncturelle. De nombreuses entreprises nationales mettent le paquet et consacrent tout un département à cet aspect. Sur le plan national, un plan Orsec est déployé contre tout risque lié aux accidents industriels, principalement en guise de prévention contre les catastrophes naturelles à travers lesquelles tous les secteurs sont représentés (hydraulique, urbanisme, Protection civile…).
A chaque fois qu’un accident survient, la question de la sécurisation des installations industrielles revient au-devant de l’actualité. Lundi dernier, un incendie s’est déclaré dans une usine de Sonatrach dans la zone industrielle de Skikda. Un sinistre qui a été immédiatement maîtrisé par les unités d’intervention et l’accident «n’a entraîné aucune perte matérielle». Pour cette compagnie pétrolière, il ne s’agit nullement d’un cas inédit. Elle a eu auparavant à enregistrer d’autres accidents et à gérer diverses situations. Le plus récent, c’est celui relatif à la fuite de pétrole au niveau du tube Ok1, dans la région de Baaj (El Oued), reliant le bassin rouge (Hassi Messaoud) et Skikda survenu le 3 septembre 2020.Les conditions météorologiques seraient à l’origine des deux fuites. Ceux-là s’ajouteront aux cas les plus frappants qu’a connus Sonatrach durant ces dix dernières années, entre autres, la percussion, en 2011, d’une canalisation de GPL au niveau de Hassi Messaoud véhiculant le GPL du centre industriel sud de Hassi Messaoud au terminal de Haoud El Hamra,  l’incident survenu en 2009 sur le gazoduc GZ3, Ø 42’’ de Zemmoura, à Relizane, l’éclatement du gazoduc GK2 (Ø 42″) au niveau de Boughelboune (Skikda) suite à l’endommagement de la canalisation par des travaux de carottage par une entreprise chargée de la réalisation de l’autoroute Est-Ouest.
En 2020, Sonatrach a installé un comité de suivi de conformité industrielle chargé de suivre et de superviser les projets inscrits dans le cadre de la mise en conformité induite par l’évolution du dispositif réglementaire régissant le volet HSE, de faire un état des lieux sur la problématique d’empiètement des périmètres de protection des installations et ouvrages d’hydrocarbures et définir avec les autorités concernées les solutions les plus adaptées à chaque situation. Etant  stratégique, le secteur des hydrocarbures devra avoir une réglementation stricte en matière de protection des installations et de réalisation des nouveaux projets.
Wassila Ould Hamouda