Achraf Abu Amer, conseiller culturel à l’ambassade de Palestine : «Le peuple algérien est toujours intéressé par les développements de notre cause»

Le stand de l’ambassade palestinienne au dernier Sila, clôturé vendredi dernier, a connu une affluence importante. Des visiteurs en quête d’ouvrages de la littérature palestinienne et d’écrits relatifs à l’évolution sur le terrain du conflit avec l’entité sioniste. Dans cet entretien,  le conseiller culturel à l’ambassade de Palestine, Achraf Abu Amer, évoque les échanges culturels entre l’Algérie et la Palestine, notamment dans l’édition. Il a également fait le point sur la cause palestinienne.

 
Quelle est votre appréciation du 25eSila ? Le public algérien est-il au fait de la culture et littérature palestiniennes ?
 L’organisation du Sila, comme notre participation, intervient dans un contexte difficile marqué par la pandémie de la Covid-19 qui n’a pas empêché le public algérien de visiter massivement le Salon. Cela dénote l’amour des Algériens pour la lecture et le monde du livre. Nous avons participé à toutes les éditions et cette année, nous avons fourni des efforts pour être au rendez-vous et répondre aux attentes du public. Les Algériens visitent notre stand pour s’enquérir de la situation des Palestiniens à tous les niveaux : économique, social, culturel.
Une partie du stand est dédié à l’œuvre du poète de la cause palestinienne, Mahmoud Darwich. Pensez-vous que les jeunes Algériens connaissent le grand aède comme c’est le cas de leurs aînés ?
Les jeunes sont intéressés par les poètes et les écrivains palestiniens, à leur tête Mahmoud Darwich.  Pas loin qu’hier, une jeune fille est venue demander le recueil de poésie d’Ibrahim Touqan (1905-1941). Elle m’a confié que c’est son père qui lui a fait connaître ce grand poète palestinien. C’est vous dire que les Algériens, toutes  générations confondues, sont des férus de la poésie et de la littérature palestiniennes. C’est une transmission ininterrompue à travers le temps. Cet intérêt constant pour la Palestine est de bon augure. Elle est vivace dans la mémoire collective, dans son présent et son futur. C’est un soutien précieux pour tous mes compatriotes.
Dans le secteur de l’édition, existe-t-il des collaborations entre les éditeurs palestiniens et algériens ?
Effectivement. Une coopération existe entre les éditeurs palestiniens et algériens. Cette édition est exceptionnelle parce que les éditeurs palestiniens qui se trouvent dans les territoires occupés n’ont pas pu participer à cause de la crise sanitaire et de la situation sécuritaire instable. Toutefois, il y a des contacts avec nos éditeurs installés en Jordanie, en Egypte, en Syrie, qui font un travail remarquable avec leurs homologues algériens.
Pouvez-vous nous faire un résumé sur les développements de la cause palestinienne sur le plan politique ?
La  question palestinienne traverse ces derniers temps une situation difficile. Un contexte compliqué marqué par des actions de normalisation de pays arabes avec l’entité sioniste. La dernière en date est la rencontre récente dans le désert de Naqab des ministres des Affaires étrangères égyptien, marocain et émirati avec leurs homologues des USA et de l’entité sioniste.  En dépit des coups de  poignard de nos frères arabes, l’Algérie reste fidèle au peuple palestinien et plaide pour son droit à l’édification de son Etat libre et indépendant. L’Algérie, à tous les niveaux, ne manque pas d’exprimer son adhésion et sa solidarité à notre cause. Du président de la République au peuple, en passant par le Parlement, votre position constante est un encouragement pour les Palestiniens à poursuivre leur lutte jusqu’à la victoire.
Entretien réalisé par Karima Dehiles