Activité pédagogique : «Le rendement est nul», selon le pédagogue Bachir Hakem

Inévitable durant le Ramadhan, le déficit de sommeil est souvent associé à une baisse d’énergie au travail. Quel impact a-t-il sur l’activité pédagogique?

Pédagogue et enseignant de mathématiques à la retraite, Bachir Hakem répond : «Entre décalage des heures de repas, prières, visites familiales et sorties nocturnes, notre sommeil est généralement affecté durant ce mois sacré. On a tendance à dormir moins, ce qui n’est pas sans conséquences sur notre santé et notre rendement au travail. L’élève et l’enseignant sont affectés par ce dérèglement horaire, psychique et physiologique. Il explique que «l’enseignant qui la veille n’a dormi que quelques heures et qui a, généralement, des difficultés pour trouver le sommeil, viendra donner ses cours, mais épuisé dès le matin. L’élève finira son sommeil en classe. Des pédagogues vous diront que pendant ce mois, le rendement est nul». Selon lui, l’enseignant est tellement épuisé qu’il ne peut préparer correctement ses cours. «L’élève est fatigué par le manque de sommeil et par ses cours en classe et en privé. Son rendement comme celui de l’enseignant est presque nul», a-t-il affirmé.
Pour assurer un bon déroulement des cours avec une assimilation rapide et efficace, notre interlocuteur suggère : «Dans la mesure du possible, tenter de se coucher de 23h30 à 3h puis de 4h à 7h ou 8h, car dormir tôt est plus réparateur que le sommeil au milieu de la nuit. Lorsque les horaires de travail le permettent, prévoir une sieste d’une demi-heure. Une des solutions à laquelle devrait penser le ministère est de prévoir des vacances d’au moins 15 jours pendant ce mois, car cela limitera les dégâts chez l’élève et l’enseignant sur tous les points même sur celui de leur santé, car l’impact n’est pas que pédagogique».
Le déficit de sommeil peut-il se répercuter sur les résultats scolaires pour ce troisième trimestre ? «Le Ramadhan prendra fin au début du mois de mai, l’élève aura juste deux semaines pour terminer son année scolaire. Au sortir d’un mois de jeûne, il est épuisé physiquement et psychiquement avec un nouveau déréglage auquel il doit s’adapter. Le temps de récupérer, les examens commencent. Donc c’est tout à fait normal que les résultats scolaires soient eux aussi affectés car l’état physique et psychologique de l’élève n’est pas au top», indique le pédagogue. Qu’en est-il du volume horaire des cours ? Bachir Hakem estime que le volume horaire pendant ce mois a été diminué pour amortir l’impact psychologique et physique de l’élève en période de jeûne. Selon lui, cette diminution et organisation pendant ce mois ne sont pas respectées, car la séance ne dépassera pas 35 minutes entre déplacement d’élèves et d’enseignants dans les cycles moyen et secondaire, ce qui se répercutera sur les programmes enseignés qui déjà ne sont pas toujours terminés.
Amokrane H.