Additifs alimentaires : Potentiellement dangereux

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les additifs alimentaires sont des substances qu’on ajoute aux aliments pour en préserver ou améliorer l’innocuité, la fraîcheur, le goût, la texture ou l’aspect.

Intégrés au stade de la fabrication, de la transformation, de la préparation, du traitement, du conditionnement, du transport ou de l’entreposage des denrées, ils se retrouvent dans la composition du produit fini. Leur présence est mentionnée sur la liste des ingrédients par un code (E suivi de 3 ou 4 chiffres) ou par un nom. Colorants, texturants, exhausteurs de goût et arômes sont repérables sur plusieurs emballages. E 171 et E 551, respectivement dioxyde de titane et de silicium, sont parmi les additifs les plus fréquents. Le premier rend les produits aussi blancs et brillants que les bonbons, les dentifrices et peintures. Le seconda la particularité de rendre les poudres plus légères. Les nanoparticules de ces deux additifs sont issues de minerais sous forme de roche après une synthèse chimique et souvent, ils sont vendus sous forme de poudre.
Leur récente apparition sur le marché n’a pas permis aux scientifiques de trancher définitivement sur leur danger sur la santé humaine et animale.
Selon Mme Nassima Meddah, spécialiste en alimentation saine, les additifs alimentaires n’ont pas bonne réputation. «Ils sont présents dans 80% des aliments industriels», assène-t-elle. Quant à leur dangerosité, la spécialiste estime que «pour le moment, les scientifiques savent que ces particules de  produits peuvent exercer une toxicité dans les cellules de rongeurs». «Reste à prouver si l’être humain est exposé aux mêmes risques puisque les particules sont toujours considérées comme des produits non toxiques», renchérit-elle. L’étude des nanoparticules a prouvé qu’elles changent de comportements et cela alerte la communauté scientifique.
Notre interlocutrice rappelle que l’industrie de dioxyde de titane et silicium génère 10 milliards d’euros dans le monde. «Plusieurs interrogations sur les dangers des nanoparticules sur la santé humaine sont posées mais étudier leur comportement dans l’organisme demande encore du temps», souligne la praticienne. Au passage, elle fait savoir que l’utilisation de dioxyde de titane en particules dans les produits alimentaires est suspendue dans plusieurs pays.
De leur côté, les producteurs s’en lavent les mains, affirmant que les  additif n’ont aucun effet négatif sur la santé. Si pour Mme Meddah, «beaucoup de variables demeurent inconnues», elle ne manque pas de souligner que certains additifs «sont potentiellement dangereux». « Pour le consommateur, ces substances passent inaperçues mais peuvent être à l’origine de plusieurs maladies tel le cancer», met-elle en garde.
Samira Belabed