Aide aux mouvements de libération : L’Algérie était un solide soutien

Quand l’Algérie accéda à l’indépendance, en 1962,d’autres pays africains ployaient encore sous le joug du colonialisme notamment portugais, et de l’abject système de l’apartheid. Deux illustres moudjahidine vont alors se ranger aux côtés de leurs frères africains. L’un et l’autre ont incarné cette dimension de la politique algérienne qui a fait dire à Amilcar Cabral qu’Alger était «la Mecque des révolutionnaires».

Le forum de la mémoire d’El Moudjahid a rendu hommage, ce mercredi ,aux deux défunts, Djelloul Malaïka et Mokhtar Kerkeb, qui se sont engagés dans le soutien de nombreux pays africains qui luttaient pour arracher leur indépendance. Dans cette halte mémorielle, étaient présents des moudjahidine et des ambassadeurs de pays africains et les membres de la famille des deux moudjahidine. Ayant pour thème «Soutien de l’Algérie aux mouvements de libération en Afrique», la conférence a été animée par le moudjahid et diplomate Noureddine Djoudi. Ce dernier a côtoyé les deux militants qui ont soutenu tous les leaders des mouvements anticolonialistes africains.
«Le défunt Djelloul Malaïka disait, juste après l’indépendance de notre pays, qu’il est temps d’aider les pays africains à s’affranchir du joug colonial et du système de l’apartheid», a rappelé Djoudi. Parlant de son parcours, il a affirmé qu’il a rejoint les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN) en 1955. Après l’indépendance, il est élu au Conseil national constitutif avant d’être à la tête du bureau de soutien aux mouvements de libération de 1965 à 1977, puis député à l’Assemble populaire nationale ou il a accompli plusieurs mandats.
Né le 17 septembre 1928 à Oued El Alleug dans la wilaya de Blida, Malaïka partait en mission dans différents pays africains pour livrer des armes et de l’argent aux combattants. «Homme engagé et honnête, il avait la confiance totale des dirigeants à Alger. A ce titre, il exécutait au pied de la lettre les ordres. Toutefois, il lui arrivait de faire une entorse pour s’adapter à la situation qui prévalait sur place sans pour autant faire de vague», a raconté Djoudi.
Evoquant le parcours de Kerkeb, le conférencier s’est attardé sur les formations que le défunt dispensait aux cadres militaires et civils dans des pays en lutte. Il recevait également les délégations représentant les mouvements de libération de plusieurs pays à Alger comme l’ANC, la Swapo ou le MPLA angolais.
Officier de l’ALN, le colonel Mokhtar Kerkeb était un connaisseur des mouvements de libération africains. «Militant discret, chargé de missions périlleuses en Afrique, le colonel ne se contentait pas de donner des ordres à partir d’Alger. Il prenait part à des opérations en envoyant des armes et de l’argent à ces mouvements. Sans l’ordre d’aucun haut responsable, il s’était porté volontaire pour représenter l’Algérie au sein de ces mouvements», a soutenu le conférencier.
                                                   Des combattants de l’ANC
«En 1963, le colonel Kerkeb, dans le camp d’entraînement de Maghnia, a encadré et dirigé la formation militaire de 50combattants angolais et de deux responsables du MPLA (Mouvement populaire de libération de l’Angola), Eduardo Santos et Germano Araujo. Selon Djoudi, Rafik Bensaci, Idir Mesbah et Radjaâ Djelloul étaient des instructeurs.
Avant l’indépendance, des membres du MPLA et de l’ANC ont pris part à des entraînements avec les éléments de l’ALN. «En mars 1962, les combattants de l’ANC ont reçu une formation militaire de la part des soldats de l’ALN. Parmi eux, il y avait Nelson Mandela qui s’est initié aux différentes méthodes de combat», a souligné Djoudi.
C’est à l’initiative de l’Algérie que les chefs d’Etat africains décident de créer au sein de l’OUA un comité de libération pour aider les peuples encore colonisés. «La mission de ce comité de coordination militaire est de soutenir les peuples africains qui sont toujours sous le système colonial», a-t-il rappelé.
Karima Dehiles