Aide humanitaire transfrontalière en Syrie : Guterres appelle à prolonger le mécanisme

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé, lundi dernier, le Conseil de sécurité à renouveler pour un an l’autorisation d’aide humanitaire transfrontalière à la population du nord-ouest de la Syrie. En vigueur depuis 2014, cette autorisation d’utiliser aujourd’hui le seul point de passage de Bab al-Hawa à la frontière syro-turque arrive à expiration le 10 juillet.
«Bien que l’augmentation de l’assistance à travers les lignes de front ait été une réalisation importante, dans les circonstances actuelles, elle n’est pas à l’échelle nécessaire pour remplacer une réponse transfrontalière massive», a souligné Antonio Guterres lors d’une réunion mensuelle du Conseil de sécurité sur la Syrie. «J’appelle instamment les membres du Conseil à maintenir le consensus sur l’autorisation des opérations transfrontalières, en renouvelant la résolution 2585 pour une période supplémentaire de 12 mois.» «C’est un impératif moral de répondre à la souffrance et à la vulnérabilité de 4,1 millions de personnes dans la région qui ont besoin d’aide et de protection», a-t-il fait valoir. La population concernée vit dans la région d’Idleb qui reste hors de contrôle de l’Etat syrien. Au Liban voisin, le Premier ministre, Najib Mikati, affirme que son pays, plongé dans une crise économique sans précédent, allait expulser les réfugiés syriens sur son territoire si la communauté internationale ne l’aidait pas à les rapatrier.
Le Liban dit accueillir 1,5 million de réfugiés syriens, soit le plus grand nombre de réfugiés par habitant au monde. «Onze ans après le début de la crise syrienne, le Liban n’est plus en mesure de porter un tel fardeau», a-t-il averti, en référence à la guerre en Syrie. «J’appelle la communauté internationale à coopérer avec le Liban pour rapatrier les déplacés syriens», a ajouté le chef du gouvernement. «Faute de quoi, le Liban prendra une décision qui n’est pas souhaitable pour les pays occidentaux, à savoir l’expulsion des Syriens du Liban», a-t-il averti, assurant que cela se ferait de «façon légale». Mikati s’exprimait lors de la cérémonie de lancement du «Plan de réponse à la crise au Liban 2022-2023», soutenu par les Nations unies, qui vise à fournir une aide humanitaire à 1,5 million de Libanais, au même nombre de réfugiés syriens et à plus de 200.000 réfugiés palestiniens. Depuis 2015, neuf milliards de dollars d’aide ont été fournis dans le cadre de ce plan, selon l’ONU. Et lundi dernier, le Liban a demandé 3,2 milliards de dollars «pour faire face à l’impact continu de la crise syrienne», selon la même source. Fin mai, le ministre libanais des Affaires sociales, Hector Hajjar, avait déjà averti que le Liban ne pouvait plus assumer «le coût» du maintien des réfugiés syriens sur son territoire.